Sports Charles Pickel, l’enfant de Soleure qui a choisi le cœur
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Série Les Mondialistes — les 26 Léopards Partie 8 sur 8
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Partie 8 — Sports

Charles Pickel, l’enfant de Soleure qui a choisi le cœur

Formé en Suisse aux côtés de Breel Embolo, Charles Pickel a mis la Nati de côté à 26 ans pour la RDC, le pays de sa mère. Portrait d'un milieu nomade arrivé au Mondial pas à pas.

Carte BETO « Les Mondialistes » : Charles Pickel (18), RD Congo, Coupe du monde 2026
La Rédaction 30 juin 2026
La Rédaction
Kinshasa - 30 JUIN 2026 - 20:02 WAT · 3 min de lecture

« Step by step. » Charles Pickel répète volontiers sa devise, et elle résume une carrière. « Je n’ai jamais fait un grand bond vers le haut niveau, mais pas à pas, expliquait-il. Je rêve encore plus grand. Le ciel est ma seule limite. » À 29 ans, le milieu de terrain a fini par atteindre un sommet qu’aucun de ses pas n’annonçait : la Coupe du monde, sous le maillot de la RD Congo, le pays d’origine de sa mère.

Pourtant, tout son football est suisse. Né à Soleure en 1997, formé au FC Bâle, il y a grandi aux côtés de Breel Embolo, futur international helvète et ami d’enfance. Les deux garçons ont habité et étudié ensemble, et soulevé le titre de champion de Suisse en 2016. Pickel a porté les couleurs de la Nati dans toutes les catégories de jeunes. Il aurait pu y faire toute sa carrière internationale. À 26 ans, il a choisi autrement.

« C’est son choix du cœur, c’est dur, mais il fallait choisir, témoignait Embolo. Quand tu vois l’amour que le peuple congolais lui ramène, c’est magnifique. Il est attaché au Congo. » Pickel lui-même ne cache pas ce lien. « Je suis très attaché à ce pays, confiait-il. Quand je vais là-bas avec l’équipe nationale, je prends beaucoup plus les choses à cœur. La RD Congo a moins de choses, donc c’est magnifique de lui donner cette joie de vivre à travers le football. »

Sa route de joueur, elle, n’a jamais cessé de bouger. Après Bâle, il a connu Grasshopper Zurich et ses prêts, puis Grenoble, où sa fille est née et qu’il garde comme « un des plus beaux moments » de sa vie. Ensuite le Portugal à Famalicão, l’Italie à Crémone, où il a goûté à la Serie A et marqué contre Naples, « comme dans un film ». À l’été 2025, l’Espagne et le RCD Espanyol, en première division. Six pays, une trajectoire de soldat patient.

Sur le terrain, le garçon discret cède la place à un tempérament de feu. Ancien ailier reconverti en milieu de combat, il provoque, dispute chaque ballon, collectionne les cartons. « C’était un leader, il n’aimait pas perdre, raconte son frère Cyril. Il aime surtout provoquer sur le terrain. C’est toujours le cas. » Devenu cadre de Sébastien Desabre, il a contribué à la quatrième place de la CAN 2023, puis ouvert le score dès la quatrième minute contre la Mauritanie, en mars 2025, sur la route du Mondial.

Le 17 juin, au NRG Stadium de Houston, la RD Congo retrouve la Coupe du monde un demi-siècle après le Zaïre, face au Portugal de Cristiano Ronaldo. Au milieu de terrain, l’enfant de Soleure qui a mis la Suisse de côté pour le pays de sa mère sera là où il a toujours avancé : pas à pas, un duel après l’autre.

Sources : Leopard Leader (entretien, 2020) ; BeFoot (enquête, janvier 2024) ; Radio Okapi (mars 2025) ; RCD Espanyol ; Wikipédia.

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B
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