Léopards Aaron Wan-Bissaka, le Londonien qui a des comptes à régler avec l’Angleterre

Aaron Wan-Bissaka, le Londonien qui a des comptes à régler avec l’Angleterre

Né à Croydon, ancien international anglais des moins de 21 ans, le latéral des Léopards retrouve mercredi 1er juillet à Atlanta le pays de sa naissance.

Aaron Wan-Bissaka, le Londonien qui a des comptes à régler avec l’Angleterre
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 30 JUIN 2026 - 03:48 WAT · 4 min de lecture

Atlanta, nuit du 27 juin. Au coup de sifflet final de RDC-Ouzbékistan (3-1), Aaron Wan-Bissaka reste un instant au sol. Il se relève, va remettre debout deux joueurs ouzbeks effondrés, puis se fond dans la fête congolaise. Le latéral a tenu les quatre-vingt-dix minutes. Ce soir-là, la RDC se qualifie pour le premier tour à élimination directe de son histoire en Coupe du monde. Le tirage lui réserve aussitôt un adversaire qu’il connaît mieux que personne dans le vestiaire: l’Angleterre.

Wan-Bissaka, 28 ans, est né à Croydon, dans le sud de Londres. Il a grandi à New Addington, dans une famille d’origine congolaise. Avant de défendre les couleurs de la RDC, il a porté le maillot anglais chez les jeunes: une sélection avec les moins de 20 ans, puis plusieurs avec les moins de 21 ans, en 2018 et 2019. Convoqué une fois chez les A en août 2019, pour les qualifications de l’Euro, il déclare forfait sur blessure et ne jouera jamais en équipe première d’Angleterre.

C’est cette absence de sélection A officielle qui, des années plus tard, lui ouvre la porte des Léopards. Le 22 août 2025, la FIFA valide son changement de nationalité sportive. Deux semaines après, le 5 septembre, il débute avec la RDC par une victoire 4-1 au Soudan du Sud, en qualification mondiale. La bascule n’a rien d’un calcul de dernière minute: en 2015, adolescent, il avait déjà porté une fois le maillot des moins de 20 ans congolais.

Interrogé par BBC Afrique en janvier, il a justifié son choix sans détour. « Parce que c’est mon pays, d’où viennent mes parents, j’ai grandi dans une maison congolaise, je suis fier de le représenter », a déclaré le joueur de West Ham. Sur le moment de sa décision, il a ajouté: « Je voulais rejoindre la sélection quand je serais prêt. Moi seul sais quand je suis prêt, et non quand les autres le décident. »

La presse britannique a parlé d’un affront fait à l’Angleterre. Lui parle de racines et de bon moment. À l’approche du Mondial, il fixait déjà l’ambition à voix haute. « On n’a pas fait tout ce chemin pour faire de la figuration, on veut vraiment jouer notre chance à fond », confiait-il au média Talent d’Afrique en avril. « Pas uniquement pour nous, les joueurs, mais pour tout le pays. »

Sa présence chez les Léopards n’a pas été acquise sans bataille administrative. Après la qualification, la fédération nigériane a contesté devant la FIFA l’éligibilité de plusieurs binationaux congolais, dont Wan-Bissaka et le défenseur Axel Tuanzebe. L’instance a rejeté la plainte et confirmé la qualification de la RDC.

Sur le terrain, l’arrière droit apporte un vécu rare à cette sélection. À West Ham, il a été élu joueur de la saison 2024-2025 par les supporters du club. Ses qualités de tacleur et d’intercepteur, forgées en Premier League, donnent à la défense congolaise un point d’appui face à l’attaque anglaise de Harry Kane.

Son sélectionneur ne cache pas l’écart de standing avant le rendez-vous d’Atlanta. « Nous serons l’outsider. Ce sera un très grand match, mais nous allons nous préparer », a déclaré Sébastien Desabre après la qualification (propos traduits de l’anglais).

Mercredi, dans le stade où la RDC a écrit l’une des plus belles pages de son football, Aaron Wan-Bissaka affrontera l’équipe qui l’a formé, le pays où il est né. Cinquante-deux ans après le Zaïre de 1974, un enfant de Londres portera les couleurs du Congo contre l’Angleterre.

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