Banque mondiale : 375 millions de dollars annoncés pour la RDC, entre compétences et nutrition
La Banque mondiale a détaillé, lors d'un café de presse à Kinshasa, 375 millions de dollars d'appuis à la RDC, 300 pour la formation des jeunes, 75 pour la nutrition et la santé.
Banque mondiale : 375 millions de dollars annoncés pour la RDC, entre compétences et nutrition
AFP
Le 2 juillet 2026, le directeur des opérations de la Banque mondiale pour la République démocratique du Congo, l’Angola et Sao Tomé-et-Principe, Albert Zeufack, a présenté à Kinshasa une série de nouveaux financements. Leur total avoisine 375 millions de dollars, mobilisés au titre de l’Association internationale de développement, le guichet concessionnel du groupe. Ce montant n’est pas une opération unique, mais l’addition de deux appuis distincts, orientés vers l’emploi des jeunes et la santé.
Le premier, le plus important, s’élève à 300 millions de dollars. Il finance un projet de compétences pour la transformation économique, destiné à augmenter le nombre de diplômés dotés de savoir-faire recherchés par le marché et à renforcer les systèmes de formation. Les secteurs visés sont ceux que le pays veut développer, l’énergie et notamment l’hydroélectricité, les mines, les transports, l’agriculture, l’industrie et le numérique, dans une dizaine de provinces. L’ambition est de brancher la jeunesse congolaise sur les chantiers de l’économie réelle.
Le second appui, de 75 millions de dollars, complète un projet en cours de nutrition et de santé. Il accompagne en particulier la politique de gratuité de la maternité, l’une des priorités sociales affichées par le gouvernement. Ensemble, ces deux financements traduisent une même logique, investir dans le capital humain, la formation d’un côté, la santé de la mère et de l’enfant de l’autre.
Albert Zeufack a inscrit ces appuis dans un partenariat plus large. « Nous avons approuvé plusieurs projets, dont un sur les compétences pour la transformation économique, à savoir les compétences techniques qui permettront à la jeunesse congolaise de bénéficier des emplois dans les secteurs de la construction et de l’hydroélectricité », a-t-il déclaré. Il a aussi rappelé un autre volet du portefeuille, l’éducation. « Nous continuons également la mise en œuvre du projet Éducation Percée, qui accompagne la gratuité de l’éducation et qui a permis à plus de quatre millions d’enfants congolais d’intégrer les écoles », a-t-il ajouté.
Ces engagements s’accompagnent d’une exigence, celle de dépenser mieux. Le portefeuille de la Banque mondiale en République démocratique du Congo se compte en milliards de dollars, mais son exécution reste lente. En février 2026, l’institution et Kinshasa s’étaient fixé pour objectif de porter le taux de décaissement des projets à 30 %, signe que le nœud n’est pas seulement d’obtenir des financements, mais de les transformer en réalisations. Un crédit approuvé n’est pas un forage creusé ni une école ouverte.
Une précision s’impose, pour ne pas tout confondre. Ces 375 millions de dollars ne recouvrent pas les autres opérations récentes de la Banque mondiale dans le pays, comme les 250 millions consacrés à la gestion des déchets de Kinshasa, approuvés en avril 2026, ou les fonds mobilisés contre l’épidémie d’Ebola. Chaque annonce répond à un objet propre, et les additionner donnerait une image faussée de l’effort en cours.
Pour Kinshasa, ces appuis confortent un partenariat, sans effacer le défi de fond. Financer des compétences et la nutrition répond à des besoins réels, dans un pays jeune où la formation et la santé conditionnent l’avenir. Reste que ces ressources sont, pour l’essentiel, des crédits concessionnels, et que leur portée se jugera à l’exécution. La question n’est pas de savoir combien la Banque mondiale engage, mais ce que ces millions produiront, une fois sur le terrain.
À lire aussi

FMI : 348 millions de dollars décaissés pour la RDC, ce que ce feu vert dit et ne dit pas

Transferts de la diaspora : la première rente extérieure que la RDC ne sait pas compter