Gouvernement Révision constitutionnelle : l’Eglise catholique face à une fissure interne
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Révision constitutionnelle : l’Eglise catholique face à une fissure interne

Dix-sept prêtres de Kananga se sont désolidarisés de la ligne de l'Église catholique contre le changement de Constitution. Une dissidence réelle, mais localisée, qui ne fait pas basculer l'épiscopat.

Discussions autour du pacte social pour la paix, ECC, CENCO, Paul Kagame et le Gouvernement Rwandais, à Kigali
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 4 JUILLET 2026 - 12:50 WAT · 4 min de lecture

Le 2 juillet 2026, dix-sept prêtres de l’archidiocèse de Kananga, au Kasaï-Central, ont publié une mise au point pour se désolidariser de la position de la Conférence épiscopale nationale du Congo sur la révision constitutionnelle. Dans ce texte, ils relativisent la portée du message des évêques et se disent ouverts à une modification légale de la Constitution de 2006. « La déclaration des évêques de la CENCO du 19 juin 2026 n’est ni un décret, ni un arrêté, encore moins une décision, mais un message », écrivent-ils, ajoutant soutenir « le changement éventuel de la Constitution de 2006, le cas échéant, s’il suit tout moyen légal ».

Cette prise de position tranche avec la ligne officielle de l’Église catholique, restée constante. Dans un message du 19 juin 2026, adopté au terme d’une plénière extraordinaire, les évêques ont estimé qu’il n’y avait « ni urgence, ni nécessité, ni opportunité » de modifier la Constitution dans le contexte actuel. Le 20 juin, la Conférence épiscopale invitait le président Félix Tshisekedi à « honorer le serment prêté devant Dieu et la Nation », voyant dans la démarche une rupture du pacte républicain. Cette position, portée par le président de la CENCO, Mgr Fulgence Muteba, et son secrétaire général, Mgr Donatien Nshole, n’a été démentie par aucun évêque.

C’est là que réside la mesure de l’affaire. La dissidence de Kananga émane de prêtres, non de prélats. Aucun évêque n’a rompu publiquement avec la position de la Conférence épiscopale, et l’archevêque de Kananga lui-même en soutient la ligne. La fissure est donc interne à un diocèse, entre un évêque et une partie de son clergé, et non une cassure de l’épiscopat. Parler d’une Église catholique fracturée serait excéder les faits.

Il faut aussi écarter une confusion fréquente. Les responsables religieux les plus en vue en faveur du changement ne sont pas catholiques. Début mai, plusieurs figures des Églises de Réveil, de confession protestante, dont l’apôtre Léopold Mutombo Kalombo, s’étaient déclarées favorables à une nouvelle Constitution. Les rattacher à une fronde interne à la CENCO reviendrait à mélanger des Églises distinctes.

La séquence se déroule sur fond de tension avec le pouvoir. La coalition au pouvoir, l’Union sacrée, a accusé la Conférence épiscopale de « subversion » et affirmé que « quelques évêques ne peuvent se substituer ni aux institutions ni au peuple congolais ». La CENCO a répliqué par la voix de son secrétaire général. « Accuser la CENCO de subversion, c’est une diversion », a rétorqué Mgr Nshole. Depuis janvier 2025, l’Église catholique et l’Église du Christ au Congo portent ensemble un pacte social pour la paix, présenté comme une médiation nationale.

Pour Kinshasa, la mise au point de Kananga est un signal, mais il faut en peser le poids. Dix-sept prêtres d’un seul archidiocèse ne font pas une Église, et l’épiscopat, lui, n’a pas bougé. Reste que ces divisions, même minoritaires, disent la profondeur du débat que la révision a ouvert, jusque dans les rangs d’une institution habituée à parler d’une seule voix. Le pouvoir y verra une brèche, l’Église un rappel de sa discipline. La suite dira laquelle des deux lectures l’emporte.

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B
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