Ebola : le Sud-Kivu, première province à toucher au but avec 42 jours sans nouveau cas
Le Sud-Kivu a franchi 42 jours sans nouveau cas et pourrait sortir du dispositif de riposte. À rebours de l'Ituri, la province montre qu'une détection précoce peut contenir la souche Bundibugyo.
Ebola : le Sud-Kivu, première province à toucher au but avec 42 jours sans nouveau cas
AFP
Pendant que l’épidémie d’Ebola gagne du terrain en Ituri, une province congolaise s’apprête à en sortir. Le Sud-Kivu a franchi le cap des 42 jours sans nouveau cas confirmé, un seuil qui correspond au double de la période maximale d’incubation du virus et que l’Organisation mondiale de la santé retient pour déclarer la fin d’une flambée. Le ministre de la Santé, Roger Kamba, en mission d’évaluation à Bunia, l’a annoncé le 9 juillet. « Le Sud-Kivu a atteint 42 jours sans nouveaux cas. Je pense donc que j’annoncerai très prochainement le retrait de cette province du dispositif de riposte », a-t-il déclaré.
La province n’a jamais été un foyer majeur. Sur les 1 830 cas confirmés recensés au 9 juillet dans les trois provinces officiellement inscrites au bilan, l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, ce dernier n’en compte que trois, pour un seul décès, tous concentrés dans l’unique zone de santé de Miti-Murhesa, en territoire de Kabare. Cette économie de la contagion tranche avec l’Ituri voisin, où le virus a désormais atteint 25 zones de santé sur 36.
La bascule s’est jouée sur la précocité de la prise en charge. Le 19 juin, deux patients guéris, un homme et une femme, ont été réintégrés dans leur communauté à Miti-Murhesa au cours d’une cérémonie encadrée par les autorités sanitaires, qui leur ont remis des articles ménagers et une aide alimentaire de trois mois. La survivante a raconté avoir été prise d’une forte fièvre et de violents maux de tête avant son transfert vers un centre de traitement, puis une amélioration progressive sous soins. Le médecin-chef de la zone de santé de Miti-Murhesa, Serge Munyahu Cikuru, a salué « le professionnalisme et le dévouement du personnel soignant » mobilisé malgré les contraintes.
Le retrait du dispositif ne signera pas la disparition du risque. Tant que les foyers de l’Ituri et du Nord-Kivu continueront d’alimenter des chaînes de transmission, le Sud-Kivu, traversé par d’intenses mouvements de population, restera exposé à une réintroduction. Les équipes y maintiennent la surveillance épidémiologique, la sensibilisation communautaire et le suivi des contacts. Le compteur des 42 jours peut être remis à zéro par un seul cas confirmé, comme l’a rappelé l’histoire des précédentes épidémies congolaises.
L’éclaircie du Sud-Kivu vaut surtout comme démonstration. Elle indique que, là où l’accès sécuritaire est possible et où la détection est rapide, la souche Bundibugyo, contre laquelle n’existe aucun vaccin ni traitement homologué, peut être contenue. C’est précisément ce qui manque à l’Ituri, épicentre enclavé et fragilisé par des années de conflit, où la riposte affronte l’insécurité, un déficit de financement et la grogne des soignants. Le contraste entre les deux provinces dessine la véritable ligne de front de cette dix-septième épidémie : moins le virus lui-même que les conditions dans lesquelles on peut l’affronter.
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