Santé Ebola en RDC : le cap des 1 000 morts franchi, 2 536 cas confirmés au 21 juillet
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Ebola en RDC : le cap des 1 000 morts franchi, 2 536 cas confirmés au 21 juillet

Le rapport de situation N°068 de l’INSP, arrêté au 21 juillet, fait franchir à l’épidémie d’Ebola le cap des 1 000 morts : 1 033 décès pour 2 536 cas confirmés, létalité 40,7 %. L’Ituri concentre 88,6 % des cas.

Ebola en RDC : le cap des 1 000 morts franchi, 2 536 cas confirmés au 21 juillet
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 22 JUILLET 2026 - 14:00 WAT · 4 min de lecture

Le rapport de situation N°068 de l’Institut national de santé publique (INSP), arrêté au 21 juillet et publié le 22, fait franchir à l’épidémie de maladie à virus Ebola le seuil des mille morts : 1 033 décès sont désormais recensés pour 2 536 cas confirmés depuis la déclaration de la 17e épidémie, le 15 mai. Les dernières vingt-quatre heures ont ajouté 63 cas et 34 décès. La létalité globale atteint 40,7 %. Le rapport dénombre 738 patients en isolement et 506 guéris, tandis que le suivi des contacts recule à 77,2 % au niveau national.

L’Ituri demeure l’épicentre, concentrant 88,6 % des cas cumulés, avec 2 248 cas et 864 décès. Provoquée par la souche Bundibugyo du virus, l’épidémie touche cinq provinces, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uélé, et 47 zones de santé, dont 46 en transmission active ; aucune nouvelle zone n’a été signalée. Le Haut-Uélé, où cinq cas ont été confirmés à Isiro, porte son cumul à 21 cas et 12 décès et voit démarrer ses premières analyses de diagnostic. Le Nord-Kivu affiche la létalité la plus élevée, 58,7 %, avec 152 décès pour 259 cas. Rapportée à l’ensemble des cas confirmés, la létalité de 40,7 % reste dans la fourchette historique de la souche Bundibugyo, comprise entre 30 et 50 %. Contrairement à la souche Zaïre, celle-ci ne dispose d’aucun vaccin homologué ni traitement spécifique : la riposte repose sur le dépistage, l’isolement, le suivi des contacts, les enterrements dignes et sécurisés et la prise en charge des malades.

La pression sur les structures de soins reste forte. Le taux d’occupation national atteint 86,9 %, mais les centres du Nord-Kivu fonctionnent à 129,1 % de leur capacité, avec 182 patients pour 141 lits. Le suivi des contacts, tombé à 75,4 % en Ituri, inquiète les autorités sanitaires, qui y voient le signe de chaînes de transmission non interrompues. Auditionné à l’Assemblée nationale, le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, avait mis en avant le renforcement du dépistage, évoquant « plus de 14 laboratoires déployés et des résultats de tests d’Ebola obtenus en 24 heures », et chiffré à 50 millions de dollars les moyens décaissés par le gouvernement depuis le début de l’épidémie.

Les défis restent nombreux. L’INSP cite la réticence aux prélèvements post-mortem, la résistance communautaire et l’insécurité visant les équipes chargées des inhumations sécurisées, après une attaque au pont Muchanga et la paralysie des activités à Nyankunde. Le non-paiement des prestataires a provoqué une grève dans les zones de santé de Bunia et de Rwampara, une reprise étant annoncée après l’intervention du gouverneur militaire de l’Ituri. Le rapport pointe aussi une insuffisance d’ambulances, de médicaments essentiels et d’intrants de prévention des infections. Le Conseil national des forums des ONG humanitaires relève de son côté « la propagation de fausses rumeurs, le refus du suivi des contacts et la persistance d’enterrements non sécurisés ».

L’appui international se poursuit. La Banque africaine de développement a annoncé le 20 juillet une enveloppe de 13 millions de dollars pour la RDC, le Soudan et l’Ouganda, dont au moins 11 millions pour la seule RDC. Les mouvements de population, l’exploitation minière artisanale et les échanges transfrontaliers avec l’Ouganda et le Soudan du Sud continuent de favoriser la transmission, selon l’INSP.

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B
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