Ebola : un bateau parti de la Tshopo isolé à 65 km de Kinshasa, un cas suspect à l’étude
Un passager mort à Pimu (Mongala) a déclenché le traçage d'une embarcation partie de la Tshopo, isolée près de Kinshasa. Les autorités écartent toute confirmation d'Ebola.
Le port de Banana, à l’embouchure du fleuve Congo, à l’extrême ouest de la RDC. © Gwenn Dubourthoumieu pour JA
AFP
Un passager mort à Pimu, dans la Mongala, a déclenché le traçage de l’embarcation jusqu’aux portes de la capitale. Les ministres de la Santé et de la Communication écartent, pour l’heure, toute confirmation d’Ebola.
À une soixantaine de kilomètres en amont de Kinshasa, au large de Maluku, une embarcation partie de la Tshopo est maintenue à distance sur le fleuve Congo. Environ deux cents passagers s’y trouvent. Un laboratoire mobile a été installé sur la rive pour les dépister un à un avant toute évacuation, et la force navale encadre le bateau.
L’alerte est remontée d’un point situé à plus de 1 200 kilomètres de là. À Pimu, dans la province de la Mongala, un passager descendu de l’embarcation est mort dans un centre de santé après avoir présenté fièvre et diarrhée. C’est ce décès qui a conduit les autorités sanitaires à suivre le bateau jusqu’aux abords de la capitale.
Réunis devant la presse le 5 août, le ministre de la Santé Roger Kamba et le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya ont appelé au calme. « Nous n’avons pas dit que c’était Ebola. Nous avons dit qu’il y a eu un cas suspect pour lequel nous sommes prudents », a déclaré Roger Kamba. Le ministre a démenti les récits faisant état de plusieurs morts à bord : « Il n’y a pas eu d’autres morts sur ce bateau. » Un seul décès a été enregistré, à Pimu.
Aucun résultat de laboratoire ne confirme à ce stade la maladie à virus Ebola. « Il ne faut pas oublier qu’il existe d’autres maladies pouvant présenter des symptômes similaires », a rappelé Patrick Muyaya. L’Institut national de recherche biomédicale, que dirige le professeur Jean-Jacques Muyembe, conduit les analyses.
Le pays affronte depuis le 15 mai sa dix-septième épidémie d’Ebola, provoquée par la souche Bundibugyo et déclarée d’abord en Ituri. Selon le bulletin de l’Institut national de santé publique arrêté au 4 août, elle a gagné cinq provinces, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Haut-Uélé, la Tshopo et le Sud-Kivu, et 51 des 140 zones de santé du pays. Le cumul s’établit à 3 973 cas confirmés et 1 801 décès, soit une létalité de 45,3 %, pour 776 guéris ; 674 patients restent en isolement. L’Ituri, avec Bunia pour épicentre, concentre l’essentiel des cas.
La Mongala, où est survenu le décès, ne figure pas parmi les provinces touchées par l’épidémie. La Tshopo, d’où est partie l’embarcation, en fait partie. C’est cette combinaison, un mort sur un axe fluvial reliant une province affectée à la capitale, qui a motivé le dispositif.
Les résultats des tests conduits à bord détermineront si le passager de Pimu a succombé à Ebola ou à une autre cause. D’ici là, l’embarcation reste sous surveillance, et Kinshasa, épargnée jusqu’ici par l’épidémie, attend.