Diplomatie FDLR : le Groupe de contact international réclame un calendrier à Kinshasa, et cite le texte qui engage aussi Kigali
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FDLR : le Groupe de contact international réclame un calendrier à Kinshasa, et cite le texte qui engage aussi Kigali

Onze membres du Groupe de contact international exhortent Kinshasa à produire un plan opérationnel et un calendrier réaliste. Le concept d’opérations qu’ils citent porte, dans l’accord de Washington, le désengagement des forces rwandaises dans la même phase et à la même échéance.

Le ministre congolais de l'Intégration régionale, Floribert Anzuluni et son homologue de la communication et médias, Patrick Muyaya lors du briefing de presse. Crédit photo ministère de la communication et médias.
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 13 AOÛT 2026 - 22:20 WAT · 5 min de lecture

Onze membres du Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs ont publié une déclaration conjointe : les États-Unis, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Union européenne, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni. Ils y prennent acte de l’annonce faite le 28 juillet par le gouvernement congolais, selon laquelle une faction des FDLR a accepté et signé un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement.

Les demandes précises qui suivent s’adressent à une seule capitale. Le Groupe de contact « exhorte les autorités congolaises à élaborer rapidement un plan opérationnel et un calendrier réaliste pour mettre en œuvre une neutralisation effective des FDLR ». Le texte du GCI demande encore au gouvernement congolais « de clarifier les mécanismes de lutte contre l’impunité, tels qu’évoqués dans le protocole, et de travailler avec la MONUSCO comme partenaire clé de la mise en œuvre ». Le GCI souligne enfin que « toute colocation ou collaboration opérationnelle avec des éléments des FDLR est fondamentalement contraire aux engagements pris dans les Accords de Washington ».

Le Rwanda n’est nommé qu’une fois, dans une phrase qui ne demande rien : le groupe se dit prêt à saluer toute avancée concrète accomplie par la RDC ou par le Rwanda. Pour le reste, il exhorte toutes les parties aux Accords de Washington et au cadre de Doha, ainsi qu’aux différentes médiations dont celle de l’Union africaine, à poursuivre leurs efforts pour mettre en œuvre les engagements pris. Aucune obligation datée n’est nommée dans cette phrase-là.

Le titre sous lequel le groupe cite le plan

La déclaration ne renvoie pas à un texte vague. Elle nomme sa source : les obligations signées dans les Accords de Washington, l’accord de Washington du 27 juin 2025, et le concept d’opérations du 31 octobre 2024, qu’elle désigne ainsi : « the Disengagement of Forces/Lifting of Defensive Measures of Rwanda (CONOPS) of October 31, 2024 ».

Dans l’accord de Washington, ce même plan porte un autre nom. L’accord de Washington le désigne comme le « Harmonized Plan for the Neutralization of the FDLR and Disengagement of Forces/Lifting of Defensive Measures by Rwanda ». La neutralisation des FDLR ouvre le titre. Dans la déclaration, cette première moitié a disparu.

Le plan lie pourtant les deux opérations dans la même phrase. « The FARDC must neutralize the FDLR while the RDF disengages forces/lifts Rwanda’s defensive measures in four phases », écrit le CONOPS à son paragraphe 8, qui les place en phase 2 avec la même échéance. BETO a publié la structure de cet accord le 29 juillet : l’intégrité territoriale des deux pays s’y suit aux paragraphes 1 et 2 du même article premier, sous lesquels la même phrase renvoie au même plan.

Les Accords de Washington, eux, ont été signés le 4 décembre 2025 à la Maison-Blanche par les présidents congolais et rwandais. Fin juillet 2026, ni le désengagement des forces rwandaises ni la levée des mesures défensives n’avaient commencé. Pour cette moitié du plan, la déclaration ne réclame ni plan opérationnel ni calendrier.

Un calendrier réclamé pour des zones tenues par l’armée rwandaise et l’AFC/M23

Le plan opérationnel demandé devra s’appliquer là où les FDLR se trouvent. Sur les six zones concernées, cinq sont sous le contrôle de l’armée rwandaise et de l’AFC/M23, a déclaré le ministre de l’Intégration régionale Floribert Anzuluni le 7 août sur TV5 Monde.

Trois jours plus tard, sur RFI, le ministre situait le calendrier au stade des propositions. « Nous avons une proposition de plan d’opérationnalisation qui existe. Nous avons une proposition de chronogramme qui existe et nous avons une proposition de budget qui existe », a-t-il énuméré le 10 août. Aucun des trois n’est encore validé. Le pays d’accueil des combattants a donné son accord, mais son nom n’a pas été rendu public, et une seule signature figure au bas du protocole, celle de Victor Byiringiro, présenté comme le responsable politique des FOCA.

Le cantonnement, que la déclaration reprend dans sa première phrase, ne figure pas dans le concept d’opérations qu’elle cite ensuite.

Le transfert, les résolutions, et les 101 rapatriés

Le groupe reconnaît l’accord d’échange de prisonniers entre la RDC et l’AFC/M23 comme une mesure de confiance essentielle, et salue le transfert récent, facilité par le Comité international de la Croix-Rouge, de personnes libérées par les autorités congolaises et remises à l’AFC/M23, qu’il qualifie de pas dans la bonne direction. Il appelle toutes les parties à respecter le droit international humanitaire et à garantir un accès humanitaire complet, sûr et sans entrave.

Il leur rappelle aussi leur obligation de protéger les civils et de se conformer aux résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité, « y compris le plein respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale », et de désescalader immédiatement.

Sur le volet congolais, des chiffres existaient avant la déclaration. La MONUSCO a facilité, avec les autorités congolaises et la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration, le rapatriement de Goma vers le Rwanda de 101 ex-combattants. En décembre, 269 cartes de démobilisation avaient été remises dans les territoires de Beni et Lubero.

Le partenaire que la déclaration recommande à Kinshasa est celui qui a déjà facilité, avec les autorités congolaises, le rapatriement de ces 101 ex-combattants.

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