Politique Sanctions américaines : pour Julien Paluku, « c’est la fin de l’exception rwandaise »

Sanctions américaines : pour Julien Paluku, « c’est la fin de l’exception rwandaise »

Le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku salue les sanctions américaines contre la raffinerie Gasabo Gold, y voyant la confirmation que le Rwanda poursuit les minerais congolais et « la fin de l’exception rwandaise ».

Le ministre congolais du commerce extérieur, julien Paluku devant la presse congolaise à la radio télévision nationale d'électricité (RTNC). Crédit photo : CELCOM/Min. de la communication et médias.
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 25 JUIN 2026 - 23:30 WAT · 3 min de lecture

Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a salué les sanctions américaines du 25 juin contre la raffinerie rwandaise Gasabo Gold, y voyant la confirmation de la lecture congolaise du conflit dans l’Est. « Ces sanctions lèvent définitivement le voile sur le modèle économique du conflit à l’Est », a déclaré l’ancien gouverneur du Nord-Kivu, qui connaît de près la région.

Pour lui, le geste du Trésor américain valide une thèse défendue de longue date par Kinshasa. « La source de tous les conflits dans la région des Grands Lacs, c’est le pillage des ressources. Le département du Trésor vient de confirmer cette thèse », affirme le ministre, avant d’enfoncer le clou : « Les véritables objectifs que le Rwanda poursuit en RDC s’appellent minerais. Le département du Trésor vient de le confirmer. »

Julien Paluku inscrit la mesure dans une séquence. « Après les généraux sanctionnés, Kabarebe, Gachougui, patron des forces spéciales rwandaises, c’est toute la chaîne économique qui est visée », souligne-t-il, en référence au ministre rwandais James Kabarebe, sanctionné par Washington en février 2025, et au commandant des forces spéciales rwandaises, visé le 2 mars 2026. Il met en avant un effet d’entraînement : « La règle 50 de l’OFAC dit que toute entité qui collabore avec des personnes sanctionnées doit être sanctionnée. C’est l’asphyxie financière par effet domino international. » La règle qu’il évoque, dite des 50 %, bloque en réalité toute entité détenue à plus de la moitié par des personnes déjà inscrites sur la liste américaine.

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« C’est le démantèlement de la chaîne de blanchiment de l’or congolais », résume le ministre, en écho au communiqué américain qui décrit l’escorte de l’or par l’armée rwandaise et le M23, de la mine du Sud-Kivu jusqu’à la raffinerie de Kigali.

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Le ministre pousse l’analyse sur le terrain politique. « C’est la fin de l’exception rwandaise. Depuis trente ans, le Rwanda s’est nourri de l’image du génocide pour faire des dégâts dans la région des Grands Lacs », avance-t-il, annonçant « la fin du chèque en blanc, l’érosion du modèle de Paul Kagame et l’isolement diplomatique du Rwanda ». Des formules qui engagent la lecture du ministre, là où le Trésor américain s’en tient, lui, à la matérialité du circuit de l’or.

La réaction de Julien Paluku traduit la position officielle de Kinshasa : faire des minerais le moteur de l’agression et des sanctions économiques l’arme la plus efficace contre Kigali. Reste que, sur le terrain, le M23 tient toujours Goma et Bukavu, et que les forces rwandaises ne se sont pas retirées.

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