Économie Mulondo : les creuseurs de COMIKAN reprennent le travail sur deux carrés cédés par PAJECLEM, après plus d’un an d’arrêt

Mulondo : les creuseurs de COMIKAN reprennent le travail sur deux carrés cédés par PAJECLEM, après plus d’un an d’arrêt

Le ministre des Mines Louis Watum Kabamba a supervisé le 2 novembre 2026, à Mutshatsha, la réinstallation des exploitants artisanaux de la coopérative COMIKAN. La société PAJECLEM leur cède deux carrés miniers, soit près de 170 hectares, au titre d’un accord de cohabitation.

Mulondo : les creuseurs de COMIKAN reprennent le travail sur deux carrés cédés par PAJECLEM, après plus d’un an d’arrêt
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 2 NOVEMBRE 2026 - 17:53 WAT · 4 min de lecture

Les creuseurs de la coopérative COMIKAN ont retrouvé un espace de travail. Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, s’est rendu ce lundi 2 novembre 2026 sur le site minier de Mulondo, dans le territoire de Mutshatsha, à environ 42 kilomètres au sud-est de Kolwezi, pour superviser leur réinstallation. Leurs activités étaient interrompues depuis plus d’un an.

La réinstallation repose sur un accord de cohabitation avec la société PAJECLEM, actuelle propriétaire du site, qui a accepté de mettre deux carrés miniers à la disposition des exploitants artisanaux. Le ministre conduisait une délégation comprenant la commission interservices chargée de l’assainissement du secteur minier et le ministre provincial des Mines.

Deux carrés, soit près de 170 hectares

Le chiffre mérite d’être traduit. Le Code minier définit le carré comme « l’unité cadastrale minimum octroyable, de caractère indivisible », et lui assigne « une superficie de 84,95 Ha ». Les deux carrés cédés par PAJECLEM représentent donc environ 169,9 hectares, soit un peu moins de deux kilomètres carrés.

C’est la surface sur laquelle les membres de COMIKAN vont pouvoir reprendre une activité arrêtée depuis plus de douze mois. Le ministère ne précise ni le nombre de creuseurs concernés, ni la durée de l’accord, ni ses contreparties.

Cinq jours après la réunion de Kolwezi

La visite applique ce qui avait été annoncé la semaine précédente. Le 28 octobre, le ministre avait réuni au Lualaba les opérateurs miniers industriels sur trois dossiers : la participation des Congolais au capital des entreprises minières, les questions environnementales et l’encadrement de l’exploitation artisanale.

Sur ce dernier point, quatre pistes avaient été évoquées : la viabilisation des zones d’exploitation artisanale, l’appui technique et financier aux coopératives, des formations professionnelles et le développement d’activités économiques alternatives. Le ministre y avait plaidé une « responsabilité partagée » entre l’État, les entreprises et les communautés, pour prévenir les conflits. Mulondo en est la première traduction de terrain.

Le coût de ce qui n’est pas encadré est documenté dans la même province. En août, sept corps ont été repêchés dans une ancienne fosse de Boss Mining à Kakanda, excavation que le Règlement minier impose depuis 2018 de boucher ou de clôturer.

La même commission, deux chantiers le même jour

La commission interservices chargée de l’assainissement du secteur minier était à Mulondo aux côtés du ministre. Le même 2 novembre, à Kinshasa, le ministre d’État à la Justice annonçait l’ouverture d’enquêtes judiciaires sur des faits de fraude minière présumée dans le Lualaba et le Haut-Katanga, à la suite du rapport d’une mission interservices qui a saisi plus de 500 camions et engins et plusieurs milliers de tonnes de cuivre et de cobalt.

Les deux volets relèvent de la même campagne : d’un côté la saisie et les poursuites, de l’autre la régularisation. Une première injonction judiciaire du même ordre avait été donnée pour le Lualaba en octobre 2025.

Ce que le Code prévoit, et ce qu’il ne nomme pas

Le Code minier rattache l’exploitation artisanale à un cadre précis. Il la définit comme l’activité menée « dans une zone d’exploitation artisanale », elle-même définie comme une « aire géographique délimitée en surface et en profondeur par le ministre ». L’artisan doit être une personne physique majeure de nationalité congolaise, affiliée à une coopérative agréée, et ne peut commercialiser que par le truchement de celle-ci.

L’accord annoncé à Mulondo prend une autre forme : une cession d’espace consentie par le titulaire industriel. Le Code, dans sa version publiée, ne nomme pas de « contrat de cohabitation » entre un titulaire de titre minier et des exploitants artisanaux. La question que l’accord laisse ouverte est donc celle de sa traduction juridique, et de savoir si les deux carrés seront érigés en zone d’exploitation artisanale par arrêté ministériel.

Le Lualaba concentre l’essentiel de la production congolaise de cuivre et de cobalt, et le pays exporte encore pour l’essentiel brut.

Rédaction

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B
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