Sécurité & Défense Dans l’est de la RDC, plus de 5 600 finalistes privés de l’Examen d’État par la guerre
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Dans l’est de la RDC, plus de 5 600 finalistes privés de l’Examen d’État par la guerre

Plus de 5 600 élèves de terminale des provinces éducationnelles du Nord-Kivu n'ont pas pu composer la session 2026, empêchés par l'insécurité. Deux fronts, deux groupes armés, une génération sacrifiée.

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AFP

La Rédaction
Kinshasa - 30 JUIN 2026 - 13:00 WAT · 3 min de lecture

Butembo, 29 juin. La session ordinaire de l’Examen d’État 2026, le diplôme qui clôt le secondaire en RDC, vient de s’achever. À Kinshasa, les premiers résultats tombent et la fête commence. Dans l’est, le tableau est tout autre. Dans les seules provinces éducationnelles du Nord-Kivu II et du Nord-Kivu III, plus de 5 600 finalistes n’ont pas pu composer, empêchés par l’insécurité, selon les inspections provinciales citées par Actualité.cd et Mediacongo.

À Nord-Kivu II, qui couvre la région de Butembo, Beni et Lubero, l’inspection principale provinciale recense 605 absents sur 27 909 candidats attendus. Le chiffre, modeste en proportion, se concentre sur quelques foyers précis. À Njiapanda et à Oïcha, l’activisme des Forces démocratiques alliées (ADF) continue de perturber la vie scolaire. Aux épreuves préliminaires de mai déjà, les centres de Njiapanda n’avaient réuni qu’environ 200 finalistes, contre plus de 600 les années précédentes. « Nous avons constaté sur terrain une participation très faible par rapport aux années antérieures. Cela s’explique en grande partie par la situation sécuritaire qui a longtemps perturbé les activités scolaires », confirme Kakule Kagheni Samuel, président de la société civile du secteur des Bapere, à Lubero.

Le coup le plus dur est tombé plus à l’ouest. À Nord-Kivu III, qui englobe Walikale et Masisi, ce sont 4 999 finalistes qui n’ont pas composé, sur 18 275 inscrits. Plus d’un candidat sur quatre. Là, l’insécurité et les déplacements massifs de population sont liés à l’avancée de l’AFC/M23, et non aux ADF. Deux fronts distincts, deux groupes armés, un même résultat: des bancs vides le jour de l’examen.

Le phénomène n’a rien d’inédit. En 2025, déjà, plus de 700 finalistes avaient manqué la session ordinaire à Nord-Kivu II. La même année, l’examen de fin de primaire avait laissé des milliers d’élèves sur le carreau dans la province. La guerre, à l’est, ne tue pas seulement: elle déscolarise, année après année.

À Butembo, lors du lancement des épreuves, la coordonnatrice de l’éducation auprès du gouverneur militaire, Prisca Luanda Kamala, rappelait la portée du rendez-vous. « L’examen d’État est bien plus qu’une simple recherche de diplôme. C’est un symbole majeur d’unité et de cohésion nationale », déclarait-elle. Pour des centaines de finalistes du Nord-Kivu, ce symbole est resté hors d’atteinte.

Reste une inconnue, lourde pour les familles. Aucune session spéciale de rattrapage n’a été annoncée pour les candidats empêchés par l’insécurité. Sans dispositif, ces élèves perdent une année entière, parfois davantage, dans des territoires où chaque rentrée scolaire est déjà une épreuve.

Pendant que le pays proclame ses lauréats dans un temps record, comme l’ont promis les autorités, plus de cinq mille jeunes de l’est attendent qu’on se souvienne d’eux.

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B
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