Économie Franc congolais : le cours tient, l’inflation cumulée dépasse déjà la projection de la BCC
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Franc congolais : le cours tient, l’inflation cumulée dépasse déjà la projection de la BCC

Le cours indicatif est à 2 260,87 francs pour un dollar au 7 août, jusqu'à 2 400 sur le marché parallèle. L'inflation cumulée atteint 5,619 % au 25 juillet, au-dessus du profil de 4,7 % que la Banque centrale s'était fixé pour l'année.

Billets de francs congolais, monnaie nationale de la RDC, appréciée de 18 % face au dollar en dix mois

Franc congolais : le cours tient, l’inflation cumulée dépasse déjà la projection de la BCC
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 7 AOÛT 2026 - 12:18 WAT · 4 min de lecture

Le cours indicatif publié par la Banque centrale du Congo s’établit au 7 août à 2 260,87 francs pour un dollar, sans variation sur un jour ni sur deux jours. Cette stabilité est réelle, et elle est le résultat le plus visible de la politique monétaire conduite depuis un an.

Elle ne dit pourtant pas tout du prix du dollar dans le pays. Le relevé des cours parallèles que la Banque centrale publie elle-même, arrêté au 6 août, donne à Kinshasa un cours acheteur de 2 310,56 francs et un cours vendeur de 2 327,78, soit près de 3 % au-dessus du cours indicatif. L’écart se creuse en province : 2 400 francs au cours vendeur à Bandundu, 6,15 % de plus que le cours officiel. À Likasi, le cours acheteur descend à 2 235 francs. Un même dollar se négocie donc dans une fourchette de 165 francs selon la ville.

Ce que dit la série des prix

La question de l’inflation se lit dans trois chiffres que la même institution publie chaque semaine. À la semaine close le 25 juillet, la hausse hebdomadaire des prix s’établit à 0,190 %, l’inflation en glissement annuel à 3,102 % et l’inflation cumulée depuis le 1er janvier à 5,619 %.

Ces trois mesures ne racontent pas la même histoire. Le glissement annuel, à 3,1 %, reste très en dessous de l’objectif de moyen terme de la Banque centrale. Le cumul de l’année, lui, a déjà dépassé la projection annuelle que l’institution s’était donnée. Dans son rapport sur la politique monétaire publié en juin, la Banque écrivait que « l’inflation devrait passer de 2,3 % en 2025 à 4,7 % en 2026, niveau inférieur à l’objectif de moyen terme, fixé à 7,0 % ». Le cumul de 5,619 % au 25 juillet excède ce profil de 4,7 % avec cinq mois de calendrier restants.

Le troisième chiffre est le plus parlant sur le rythme en cours. Le taux annualisé, qui prolonge sur douze mois la cadence hebdomadaire observée, se tient à 10,141 %. Il évolue autour de 10 % depuis mars, où il valait 9,631 % pendant que le cumul annuel n’atteignait que 1,926 %. La comparaison avec 2024 replace ces niveaux : l’inflation en glissement annuel s’était établie à 11,69 % cette année-là, et à 2,27 % en 2025.

Quatre baisses de taux en dix mois

La Banque centrale a accompagné cette séquence par un assouplissement continu. Le taux directeur est passé de 17,50 % le 7 octobre 2025 à 15,00 % le 8 janvier, puis à 13,50 % le 9 avril et à 12,50 % le 17 juillet. Quatre baisses en dix mois, décidées pendant que le taux annualisé se maintenait autour de 10 %.

Le programme monétaire pour 2026 prévoit une base monétaire en hausse de 16,9 %, de 10 976 à 12 826,4 milliards de francs, et un stock monétaire en hausse de 6,4 %. La Banque décrit sa ligne comme « une politique monétaire prudente, proactive et fondée sur l’analyse prospective des risques ».

Le rapport nomme lui-même ce qui pèse sur les prix. Parmi les facteurs de risque internes figurent « les chocs d’offre, notamment sur les produits alimentaires et énergétiques, ainsi que les contraintes sécuritaires et structurelles ». Dans un pays où l’essentiel des biens de consommation parcourt des centaines de kilomètres de routes dégradées avant d’atteindre un marché, ces contraintes se lisent d’abord dans le prix du transport, et c’est par là qu’elles atteignent l’étalage.

L’écart entre le cours officiel et les cours de rue en donne une seconde mesure. Un commerçant de Bandundu qui achète ses devises à 2 400 francs ne répercute pas le cours indicatif de 2 260,87 sur ses prix de vente. La stabilité du taux de change et la trajectoire des prix se rejoignent là, dans la marge que le marché parallèle facture, et cette marge n’est pas la même à Kinshasa, à Bandundu et à Likasi.

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B
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