Édito. « Les linges sales se lavent en famille » : la formule de Martin Fayulu déclasse le vocabulaire de la guerre, efface 7,3 millions de déplacés et désarme les leviers obtenus à Washington et à Doha.
Martin Fayulu affirme depuis Paris que Joseph Kabila et Corneille Nangaa sont parties prenantes du dialogue national. Kinshasa s'y oppose. Le désaccord ne porte plus sur une date mais sur une liste.
Le Conseil des ministres du 14 août a adopté la prorogation de l'état de siège en Ituri et au Nord-Kivu pour quinze jours à compter du 15 août, sans publier de bilan de la période écoulée.
Dépouillement de 513 tableaux de cours parallèles de la Banque centrale du Congo : Goma disparaît le 27 janvier 2025, Bukavu le 5 février. Aucune explication publiée.
Dans une adresse publique au chef politique du M23, Bertrand Bisimwa, le député UDPS et ancien ministre de l'Intérieur Peter Kazadi a requalifié l'AFC/M23 en simple « instrument » de Kigali. Ce que dit cette passe d'armes, et ce que la documentation onusienne établit derrière les mots.
Le 21 juillet, des experts indépendants de l'ONU ont dénoncé une « terreur par la torture » du M23 dans les zones occupées de l'est de la RDC. Ce que vous lirez ici : ce qui est réellement documenté, par qui, sur les détentions, la peur administrée et la responsabilité rwandaise, et ce qui reste difficile à vérifier.
Le rapport de l'ONU documente un remaniement de l'AFC/M23 avec Joseph Kabila « pressenti pour un rôle de premier plan », et Nangaa prêt à lui céder la place. Comment l'ancien président devient le visage politique de l'agression rwandaise.
Kagame lie l'existence du Rwanda à celle du M23. Occupation des Kivus, administration parallèle, capture du coltan, remodelage démographique, projet de « République fédérale » : comment le Rwanda œuvre, pièce par pièce, à la partition de la RDC.
On parle de « rébellion ». Le mot est trompeur : dès lors que Kigali arme et commande, c'est une agression d'État déguisée. Et même cet instrument est fracturé : les experts de l'ONU en documentent trois fractures. Grand angle.
Une séance consacrée à la santé mondiale s'est déplacée sur le terrain politique. Deux élus, l'un français, l'autre belge, ont fait le lien entre la propagation du virus et la guerre.