Culture & Arts Pascal Phoba : les artistes qui ont chanté ses textes absents à son dernier hommage

Pascal Phoba : les artistes qui ont chanté ses textes absents à son dernier hommage

Pascal Phoba : les artistes qui ont chanté ses textes absents à son dernier hommage
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 14 JUILLET 2026 - 10:21 WAT · 4 min de lecture

Lui qui a offert sa plume à de nombreux artistes et signé des chansons devenues des classiques intemporels de la rumba congolaise, Pascal Phoba s’est éteint dans une relative discrétion. Le célèbre parolier congolais a été inhumé lundi à Kinshasa, à l’issue d’une cérémonie funéraire organisée à l’espace Ave Maria, dans la commune de Kasa-Vubu.

« Ils ont chanté ses mots, mais n’étaient pas à son dernier rendez-vous. » Cette phrase a résumé le sentiment de nombreux proches du défunt au moment de l’exposition de sa dépouille.

L’absence de plusieurs grandes figures de la musique congolaise, dont les carrières ont pourtant été marquées par les textes de Pascal Phoba, a particulièrement retenu l’attention des participants.

Des artistes de renom, qui ont porté ses œuvres et contribué à leur succès, étaient attendus pour saluer une dernière fois la mémoire de celui qui a écrit certains des titres les plus emblématiques de la rumba congolaise. Pourtant, aucun d’eux n’a fait le déplacement.

« Je ne m’attendais pas à une telle désolation. Pascal laisse plus de 100 chansons cédées à de grands chanteurs. J’aurais aimé voir cet espace rempli de figures emblématiques du pays, au regard de leur lien avec Pascal Phoba. Mais hélas, aucun n’a répondu présent », a déploré Pida Star, parolier congolais et proche du défunt.

Pour lui, cette absence contraste avec l’engouement que suscitait Pascal Phoba de son vivant. « De son vivant, ils se bousculaient pour l’approcher. Aujourd’hui qu’il est parti, plus personne », a-t-il regretté.

Une plume au service des grandes voix de la musique congolaise

À travers ses textes, Pascal Phoba s’était imposé comme l’un des grands artisans de la musique congolaise contemporaine. Sa plume, reconnue pour sa profondeur et son inspiration, a accompagné plusieurs générations d’artistes.

La notice nécrologique distribuée lors de la cérémonie rappelait plusieurs de ses œuvres emblématiques, notamment Mwana Pwo, Franc congolais et Tokufa pona Congo.

Le parolier avait également signé des chansons pour de nombreuses figures majeures de la scène musicale congolaise. Pour JB Mpiana, il avait notamment écrit Feux de l’amour, Recto Verso et Omba. Il est aussi l’auteur de plusieurs titres interprétés par Adolphe Dominguez, parmi lesquels Voyage, Roco Martini et Mission impossible.

Sa plume a également servi Papa Wemba avec Mama, Werrason avec Ami Kapangala et Fleur d’amour, ainsi que Quartier Latin International avec Prototype. Il avait enfin collaboré avec Ferré Gola, notamment sur le titre Mercure.

Un hommage posthume pour un monument de la rumba

Malgré les absences remarquées, la cérémonie a aussi été marquée par la reconnaissance de son immense contribution à la culture congolaise.

Le Conseil national de la musique (CONAMU-RDC) lui a décerné, à titre posthume, un diplôme d’honneur de meilleur parolier de la rumba congolaise du premier quart du XXIᵉ siècle.

« Nous lui décernons cette distinction à titre posthume en reconnaissance de l’ensemble de son œuvre et de son apport à la musique congolaise », a déclaré Georges Kinga, directeur de la communication du CONAMU.

Selon lui, cette distinction récompense « la contribution exceptionnelle du récipiendaire à la rumba congolaise ainsi que la profondeur et la richesse de son œuvre littéraire ».

Au cours de la cérémonie, le CONAMU a également établi un parallèle entre Pascal Phoba et Max Mongali, présenté comme l’une des grandes références de l’écriture musicale congolaise du XXᵉ siècle.

« Tes œuvres continueront de résonner »

Dans son mot de circonstance, Pathy Phoba, fils du défunt, a salué la mémoire d’un père dont l’héritage dépasse largement le cadre musical.

« Nous rendons hommage à un homme exceptionnel, un époux aimant et dévoué, qui a fait du respect et de la fidélité les fondements de son foyer. Malgré ton départ, tes œuvres continueront de résonner dans nos mémoires et dans nos cœurs », a-t-il déclaré.

Par sa plume, Pascal Phoba a marqué durablement la rumba congolaise. Et si plusieurs artistes qui ont interprété ses textes ont brillé par leur absence lors de ses obsèques, son œuvre, elle, demeure bien présente dans le patrimoine musical congolais.

Christian T. ÉZÉCHIEL

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