RDC : Kinshasa prend la présidence tournante du Conseil de sécurité de l’ONU pour juillet
Depuis ce mercredi 1er juillet 2026, la République démocratique du Congo préside le Conseil de sécurité des Nations unies. Le pays, membre élu de l'organe pour la période 2025-2026, en assume la présidence tournante pendant tout le mois. C'est la première fois en plus de trente ans que Kinshasa tient ce rôle. Le calendrier, lui, tombe à un moment singulier : la guerre continue dans l'Est du territoire national, et la diplomatie congolaise entend faire de ce siège une tribune.
RDC : Kinshasa prend la présidence tournante du Conseil de sécurité de l’ONU pour juillet
AFP
Depuis ce mercredi 1er juillet 2026, la République démocratique du Congo préside le Conseil de sécurité des Nations unies. Le pays, membre élu de l’organe pour la période 2025-2026, en assume la présidence tournante pendant tout le mois. C’est la première fois en plus de trente ans que Kinshasa tient ce rôle. Le calendrier, lui, tombe à un moment singulier : la guerre continue dans l’Est du territoire national, et la diplomatie congolaise entend faire de ce siège une tribune.
Un agenda centré sur les ressources naturelles et la protection des civils
La présidence congolaise avance sous une devise, « Plus de paix, plus de justice, plus de développement, plus de multilatéralisme ». Derrière la formule, un programme. Kinshasa a retenu cinq axes de travail pour le mois : les questions de femmes, paix et sécurité ; jeunesse, paix et sécurité ; environnement, ressources naturelles et paix ; la réforme des opérations de maintien de la paix ; et la justice transitionnelle. La gouvernance des ressources naturelles, nerf de la guerre à l’Est, y occupe une place centrale.
La ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait détaillé cette feuille de route lors de sa présentation, en mars. « Dans les prochaines semaines, nous partagerons avec vous les activités prévues », déclarait-elle alors, en listant « les questions de femme, paix et sécurité ; jeunesse, paix et sécurité ; environnement, ressources naturelles et paix ; réforme des opérations de maintien de la paix de l’ONU ; et justice transitionnelle ».
Trois rendez-vous pour marquer le mois
Le mois est jalonné de trois moments forts. Un premier point, le 8 juillet, portera sur les violences sexuelles liées aux conflits. Le 13 juillet, une réunion selon la formule Arria réunira des acteurs autour des ressources naturelles, des conflits et de la paix. Le 21 juillet, enfin, un débat public de haut niveau abordera la gouvernance des ressources naturelles comme levier de paix et de prospérité. Chacune de ces séquences vise à porter, sous les projecteurs de New York, des dossiers que Kinshasa juge vitaux.
Un siège occupé sur fond de crise
La présidence intervient dans une année que la cheffe de la diplomatie qualifie elle-même de difficile. « Depuis le 1er janvier, nous siégeons au Conseil de sécurité. L’année a commencé de manière assez turbulente », a résumé Thérèse Kayikwamba Wagner. La formule dit l’essentiel. Le pays qui préside est aussi celui dont la partie orientale reste occupée par l’AFC/M23, et dont le gouvernement plaide de longue date pour des sanctions et un désengagement des forces étrangères. Présider le Conseil ne confère aucun pouvoir de décision supplémentaire : la présidence organise l’ordre du jour, conduit les séances et représente l’organe. L’exercice est d’abord diplomatique. Reste à Kinshasa à en tirer un bénéfice politique, sur des dossiers où le rapport de force ne se joue pas seulement dans la salle du Conseil.
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