Diplomatie ONU : la RDC préside le Conseil de sécurité, une première en trente ans

ONU : la RDC préside le Conseil de sécurité, une première en trente ans

Pour la première fois en plus de trente ans, la RDC préside le Conseil de sécurité de l’ONU. Un mois pour porter ses dossiers, sur fond de guerre à l’Est.

ONU : la RDC préside le Conseil de sécurité, une première en trente ans
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 2 JUILLET 2026 - 09:23 WAT · 3 min de lecture

Depuis le 1er juillet, la République démocratique du Congo préside le Conseil de sécurité des Nations unies. Membre élu de l’organe pour 2025-2026, elle en assume la présidence tournante pour tout le mois. C’est la première fois en plus de trente ans que Kinshasa occupe cette fonction, et le calendrier ne doit rien au hasard des rotations : le pays préside alors qu’une partie de son territoire oriental reste occupée.

La présidence ne confère aucun pouvoir de décision supplémentaire. Elle permet d’arrêter l’ordre du jour, de conduire les séances et de représenter l’organe. L’exercice est d’abord diplomatique. Pour Kinshasa, l’enjeu est d’en faire une caisse de résonance sur les dossiers qu’elle juge vitaux, à commencer par la gouvernance des ressources naturelles, nerf de la guerre dans l’Est.

Un agenda qui met les ressources naturelles au centre

La présidence congolaise avance sous une devise, « Plus de paix, plus de justice, plus de développement, plus de multilatéralisme ». Derrière la formule, cinq priorités : les femmes, la paix et la sécurité ; la jeunesse, la paix et la sécurité ; l’environnement, les ressources naturelles et la paix ; la réforme des opérations de maintien de la paix ; et la justice transitionnelle.

Trois rendez-vous jalonnent le mois. Un point est prévu le 8 juillet sur les violences sexuelles liées aux conflits, une réunion selon la formule Arria le 13 juillet sur les ressources naturelles et la paix, et un débat public de haut niveau le 21 juillet sur la gouvernance de ces ressources comme levier de stabilité.

Un fauteuil occupé sur fond de crise

La cheffe de la diplomatie congolaise ne masque pas le contexte. « Depuis le 1er janvier, nous siégeons au Conseil de sécurité. L’année a commencé de manière assez turbulente », a résumé Thérèse Kayikwamba Wagner. La ministre avait détaillé la feuille de route lors de sa présentation. « Dans les prochaines semaines, nous partagerons avec vous les activités prévues », avait-elle annoncé.

Le pays qui préside reste celui dont l’Est demeure occupé par l’AFC/M23, et dont le gouvernement plaide de longue date pour des sanctions et le retrait des forces étrangères. La présidence offre une tribune, pas un levier de décision. Reste à Kinshasa à en tirer un gain politique, sur des dossiers dont l’issue ne se joue pas seulement dans la salle du Conseil.

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