Politique RDC : Le CSAC désavoue son bureau exécutif et lève l’interdiction visant Joseph Kabila et le PPRD
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RDC : Le CSAC désavoue son bureau exécutif et lève l’interdiction visant Joseph Kabila et le PPRD

Les conseillers du CSAC en plénière
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 10 JUIN 2025 - 16:22 WAT · 3 min de lecture

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a annulé, ce lundi 9 juin, la mesure conservatoire controversée prise par son bureau exécutif interdisant aux médias congolais de diffuser des contenus liés à l’ancien président Joseph Kabila et à son parti, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Réunis en séance plénière, les membres du CSAC ont dénoncé un excès de pouvoir et une procédure irrégulière.

Sous la présidence de Christian Bosembe, le bureau exécutif avait justifié sa décision par la nécessité de contrer la propagande supposément favorable aux groupes armés opérant à l’Est du pays. Cette posture s’inscrivait dans un contexte où le gouvernement accuse le PPRD de collusion avec des forces hostiles à l’unité nationale. Mais la plénière du CSAC n’a pas validé cette approche jugée politiquement partiale.

« La décision initiale excédait le mandat du bureau exécutif », ont tranché les conseillers, préférant la remplacer par une recommandation non contraignante. Celle-ci appelle les médias à faire preuve de responsabilité, en s’abstenant de relayer toute forme d’apologie des groupes armés, sans pour autant cibler explicitement un parti ou une personnalité politique.

Cette volte-face intervient dans un climat de crispation politique. Le 19 avril dernier, le Vice‑Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, avait ordonné la suspension des activités du PPRD, accusant Joseph Kabila, son autorité morale, de « silence complice » face à l’avancée du M23 à l’Est du pays. Quelques jours plus tard, une directive interdisait aux médias de relayer les propos des cadres du parti, assimilés à une menace pour la cohésion nationale.

Dans son communiqué du 9 juin, le CSAC rappelle cependant aux médias congolais leur devoir de respect de l’éthique journalistique, notamment l’usage exclusif de sources officielles pour traiter de la guerre à l’Est. Il leur est également demandé de ne pas accorder de tribune aux groupes qualifiés de « terroristes » ni à leurs soutiens, et d’éviter de commenter les opérations militaires sans expertise avérée.

En annulant cette décision controversée, le CSAC tente de restaurer sa neutralité et sa crédibilité, entamées par des prises de position perçues comme alignées sur le pouvoir exécutif. Mais cette posture plus modérée pourra-t-elle résister aux pressions politiques croissantes, dans un contexte de crise sécuritaire et de polarisation accrue du paysage médiatique ? La question reste ouverte.

Gilbert N.

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