Sadiki : l’enfant de Bruxelles qui a choisi Kinshasa
À 21 ans, Noah Sadiki a choisi la RDC contre l'avis de ses parents, puis marqué son tir au but face au Nigeria. Portrait d'une révélation, d'Anderlecht à Sunderland jusqu'au Mondial.
Le 16 novembre 2025, à Rabat, dans la séance de tirs au but qui allait envoyer la RD Congo vers le Mondial, Noah Sadiki s’est avancé et a marqué le sien. Il avait 20 ans. Deux ans plus tôt, contre l’avis de ses parents, il avait choisi de porter ce maillot plutôt que celui de la Belgique. Ce penalty, c’était la réponse.
« J’ai longtemps réfléchi, raconte-t-il. J’en ai parlé beaucoup autour de moi. Mais il fallait surtout voir avec mes parents, qui n’étaient pas trop d’accord avec mon choix de jouer pour le Congo. Et puis à un moment donné, le cœur devait parler, et j’ai opté pour le Congo. » Né à Bruxelles en décembre 2004, international belge dans toutes les catégories de jeunes, Sadiki a basculé vers la RDC en octobre 2023. Quand la fédération belge a tenté de le retenir, il était trop tard.
Sa trajectoire en clubs avait déjà tout d’une fusée. Entré à Anderlecht à six ans, formé du plus petit échelon jusqu’aux espoirs, il est repéré par Vincent Kompany, qui l’aligne en amical avec les professionnels avant même ses dix-sept ans. En 2023, il rejoint l’Union Saint-Gilloise, où il devient titulaire et remporte le premier titre de champion de Belgique du club depuis quatre-vingt-dix ans. À l’été 2025, l’Angleterre l’appelle : Sunderland le recrute pour son retour en Premier League, contre un montant estimé à une quinzaine de millions de livres.
Le grand bain anglais l’a d’abord secoué. « Quand je suis arrivé là-bas, jouer sous pression était un peu compliqué pour moi, reconnaît-il. Aujourd’hui, je travaille aussi sur l’aspect mental. Ça aide à prendre de meilleures décisions, à lire le jeu plus vite. » Curieusement, c’est sous le maillot des Léopards qu’il se sent le plus à l’aise. « Ici, je me sens encore plus libre qu’à Sunderland. Je peux vraiment me déplacer, me projeter dans le jeu. »
Première sélection en septembre 2024 contre la Guinée, et déjà un statut de cadre malgré ses vingt et un ans. Milieu défensif capable de dépanner en défense, Sadiki est devenu en moins de deux saisons l’un des piliers de la sentinelle congolaise, symbole d’une génération de binationaux que la RDC a su convaincre.
Le 17 juin, au NRG Stadium de Houston, la RD Congo retrouve la Coupe du monde pour la première fois depuis 1974, face au Portugal de Cristiano Ronaldo. Au milieu de terrain, l’enfant de Bruxelles qui a choisi Kinshasa aura une mission claire : tenir le cœur du jeu, là où la star portugaise viendra chercher la lumière. À vingt et un ans, il a déjà prouvé qu’il ne tremblait pas dans les grands moments.
Sources : RTBF (entretien, mars 2025) ; Foot RDC et Leopardsfoot (entretien, janvier 2026) ; BBC ; Wikipédia ; AFP.
