Le Sénat autorise 270 millions de dollars de prêts, entre aéroport de Lubumbashi et développement rural
Le Sénat a validé deux accords de prêt de 270 millions de dollars, pour l'aéroport de la Luano et le monde rural. Deux lignes d'un paquet plus large, qui prolonge une série d'emprunts.
Plénière au sénat portant sur adoption du projet de loi de ratification du protocole contre le commerce illicite du tabac en RDC. Crédit photo : senat-RDC.
AFP
Le 29 juin 2026, en séance plénière d’une session extraordinaire, le Sénat de la République démocratique du Congo a autorisé le gouvernement à ratifier deux accords de prêt d’un montant cumulé de 270 millions de dollars. Le premier, de 200 millions, contracté auprès de l’Africa Finance Corporation, doit financer la construction et l’extension de l’aéroport international de la Luano, à Lubumbashi. Le second, de 70 millions, accordé par la Banque arabe pour le développement économique en Afrique, appuie un programme de développement rural. Il s’agit d’emprunts, non de dons.
Ces 270 millions ne sont toutefois qu’une partie d’un ensemble plus vaste. La même plénière a adopté cinq accords de financement, évalués à environ 500 millions de dollars et 208 millions d’euros. Aux deux prêts en dollars s’ajoutent un crédit pour l’électrification rurale par mini-réseaux, un autre pour un complexe hospitalier dans la Ville nouvelle de Kinshasa, et un appui aux petites et moyennes entreprises agricoles. Le paquet couvre ainsi le transport, l’énergie, la santé et l’agriculture.
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a défendu ces accords devant les sénateurs. « Ces cinq accords appliquent la vision du président Félix Tshisekedi. Moderniser les provinces, investir dans le prioritaire », a-t-il déclaré, selon le compte rendu du quotidien La Prospérité. Les cinq textes ont été adoptés sans opposition, plusieurs sénateurs intervenant sur les conditions, le suivi et l’impact des projets. En clôturant la séance, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, résumait la démarche d’une formule. « Le Sénat autorise. Le gouvernement travaille. Le peuple en profite. »
Cette autorisation s’inscrit dans une cadence soutenue. Le 9 juin déjà, le même ministre présentait quatre autres projets de loi de ratification, pour environ 753 millions de dollars, dont un programme d’assainissement de Kinshasa et un appui à l’emploi des jeunes. En quelques semaines, ce sont donc plusieurs centaines de millions de dollars d’engagements que le Parlement a examinés, présentés par le gouvernement comme des financements concessionnels destinés aux infrastructures et au développement.
Reste que ratifier n’est pas réaliser. Un accord de prêt autorisé au Sénat ne devient une route, un aéroport ou une centrale qu’au prix d’une exécution que la RDC peine souvent à tenir dans les délais. La question du décaissement effectif et de l’achèvement des chantiers pèse autant que celle du financement. La même session extraordinaire examinait d’ailleurs la prorogation de l’état de siège à l’Est, rappelant que ces engagements se prennent dans un pays où la sécurité absorbe une large part des moyens.
Pour Kinshasa, ces ratifications traduisent une stratégie assumée, financer par l’emprunt une modernisation que le budget seul ne permet pas. L’outil est légitime, à condition que la dette serve des ouvrages qui fonctionnent. Autoriser 270 millions de dollars pour un aéroport et le monde rural est un acte de souveraineté budgétaire. En faire des pistes rénovées et des villages désenclavés en sera un autre. C’est à la livraison, pas au vote, que se jugera la promesse.
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