Société Le FONHAB transformé en banque : ce que Judith Suminwa a demandé au Conseil
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Le FONHAB transformé en banque : ce que Judith Suminwa a demandé au Conseil

Au Conseil des ministres du 28 août, la Première ministre a instruit l'Urbanisme et les Finances d'étudier la transformation du Fonds national de l'habitat en Banque publique de l'habitat. Le FONHAB, créé en 2018, n'a jamais reçu sa dotation initiale.

La Première Ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa, lors de la Réunion du Conseil des Ministres de ce vendredi 07 novembre 2025. Photo : présidence de la République
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 31 AOÛT 2026 - 12:40 WAT · 5 min de lecture

Le Fonds national de l’habitat pourrait devenir une banque. C’est la demande la plus concrète des trois formulées par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka lors de la 97e réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue le vendredi 28 août à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa.

Le FONHAB en banque publique

La cheffe du gouvernement part d’un chiffre : le déficit national en logements, estimé par ONU-Habitat à près de quatre millions d’unités, dépasse selon elle le cadre d’un défi sectoriel pour devenir un enjeu de souveraineté économique, de justice sociale et de stabilité politique. Le gouvernement avait conçu le Fonds national de l’habitat comme pilier financier de la modernisation du secteur. « Les contraintes des finances publiques n’ont pas permis la mobilisation de sa dotation initiale », relève le compte rendu. Le FONHAB a été créé par le décret n° 18/033 du 19 novembre 2018, qui en fait un établissement public à caractère social et culturel doté de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. Huit ans plus tard, il n’a jamais reçu l’argent prévu. Son plan stratégique de 2023 inscrivait 6 071 logements.

L’objectif assigné à la future structure tient en quatre verbes : mobiliser des ressources à long terme, structurer un crédit hypothécaire national, valoriser le patrimoine immobilier de l’État, attirer l’investissement privé. « La création d’une Banque publique spécialisée, à l’image de plusieurs pays africains (Sénégal, Tunisie, Burundi, République du Congo), répondrait à ces impératifs », indique le compte rendu.

L’instruction est nominative. Le ministre d’État à l’Urbanisme et Habitat et le ministre des Finances doivent étudier les modalités opérationnelles permettant de « transformer l’actuel Fonds National de l’Habitat (FONHAB) en une véritable Banque publique de l’habitat, dotée de prérogatives bancaires complètes », conformément au Programme d’actions du gouvernement.

Ce que ces prérogatives devraient franchir

Le crédit bancaire congolais ne prête pas long. Les crédits à long terme représentaient 3,1 % du total des crédits accordés en 2024, selon le rapport annuel de la Banque centrale du Congo. Les dépôts à vue forment 78,2 % des dépôts de la clientèle, une ressource que personne ne transforme en prêts de vingt ans. L’encours des prêts hypothécaires résidentiels tient dans 106 millions de dollars, soit 0,16 % du produit intérieur brut.

Le pays achève environ 330 logements formels par an selon ONU-Habitat. Le premier des quatre modèles cités mérite d’être regardé de près : la Banque de l’habitat du Sénégal a été créée par l’État sénégalais en 1979. « BHS a financé environ 200 000 logements sociaux, devenant ainsi une structure financière spécialisée », écrit l’agence de notation West Africa Rating Agency. Deux traits de ce modèle ne figurent pas dans le compte rendu : la banque compte 73 actionnaires et l’État sénégalais n’y détient que 17,74 % du capital, sans être majoritaire.

Rentrée scolaire et saison des pluies

Deuxième point de l’intervention, le 28 août : la Première ministre est revenue sur la nécessité de prendre des mesures urgentes en prévision de la rentrée scolaire et de la saison des pluies, avec pour objectif de prévenir les érosions et les inondations tout en améliorant la mobilité urbaine. Ces défis ne concernent pas uniquement Kinshasa, a-t-elle indiqué, mais également plusieurs autres provinces selon leurs réalités climatiques et géographiques. Sept destinataires ont été instruits, chacun en ce qui le concerne : le ministre des Infrastructures et Travaux publics avec ses services, le vice-Premier ministre ayant les Transports dans ses attributions, les vice-Premiers ministres ayant les Transports et l’Intérieur dans leurs attributions avec le gouvernement provincial de Kinshasa, les gouverneurs de province, le ministre des Finances et le Fonds national d’entretien routier.

La même séance a adopté une stratégie à court, moyen et long termes portant un programme décennal de lutte antiérosive.

Le dialogue national

Premier point de l’intervention, dans la suite de la communication présidentielle du 28 août : la Première ministre a adressé au nom de l’ensemble de l’Exécutif ses félicitations au chef de l’État pour son récent message à la Nation et le lancement du processus de dialogue national, destiné à consolider la paix, à renforcer la cohésion sociale et à refonder l’État. Elle a souligné que ce processus se distingue des concertations politiques précédentes, qui ont selon elle trop souvent répondu aux crises par le partage du pouvoir, aboutissant à des accords sans mécanismes de suivi efficaces. Citant le président de la République, elle a rappelé que « le peuple Congolais ne sera pas amené à entériner les conclusions d’une négociation menée sans lui ». En privilégiant une concertation décentralisée et inclusive, l’initiative affirme la centralité de la voix citoyenne, a-t-elle fait valoir, avant de conclure ce point en réitérant l’engagement de son gouvernement à accompagner le chef de l’État vers la réussite de cette démarche.

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B
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