Ce que Kinshasa a gagné se mesure : depuis la suspension des exportations de février 2025, le cobalt est passé de 5,60 à près de 25 dollars la livre. Ce qui manque se mesure aussi. Un peu plus des deux tiers seulement des 62 000 tonnes autorisées depuis octobre sont sorties, et aucune régie financière n’a publié le moindre montant perçu sur la redevance prépayée. Africa Intelligence annonce d’énormes retombées fiscales pour 2026 : c’est ce chiffre-là qu’il faut réclamer.
Freeport a vendu Tenke Fungurume au chinois CMOC en mai 2016, la Gécamines l’a appris par la presse. Dix ans plus tard, 2 000 à 5 000 tonnes d’uranium ont quitté le pays dans le cobalt, moins de 10 % déclarées.
CMOC a rejeté le 1er août les conclusions sur la teneur en uranium du cobalt de Tenke Fungurume. Le différend porte sur le seuil applicable, 75, 81 ou 100 ppm, et sur un texte congolais que personne ne publie.
À la veille de la clôture du premier semestre, le régulateur congolais des minerais stratégiques récupère les quotas d’exportation de cobalt non consommés. Le métal repris doit financer la transformation sur place, un cran de plus dans la reprise en main de la rente du premier producteur mondial.