L'ancien président guinéen participe aux consultations sur le dialogue national congolais et se trouvait à Kinshasa le 17 juillet, sans apparaître sur les photos officielles. Ce que l'on sait de son rôle, et ce qui reste non confirmé.
Accord de principe le 17 juillet, marche suspendue le 20, veto contre Kabila le 25, demande d'enquête internationale le 28 : dix jours de séquence, et quatre questions sans réponse sur le format, les participants, la justice pour les victimes et le calendrier.
Une seule raison a été donnée publiquement, et ce n'est pas le président qui l'a donnée. C'est le cardinal Fridolin Ambongo, vendredi 17 juillet, à la sortie d'une audience. « Notre pays aujourd'hui souffre d'une agression qui vient essentiellement de l'Est du Rwanda », a-t-il dit. « Mais comment pouvons-nous faire face à une telle agression si nous sommes divisés entre nous, les fils et filles du Congo ? » L'unité d'abord, parce que la guerre l'exige. C'est l'explication de la décision telle qu'elle a été présentée aux Congolais, et à ce stade il n'en existe pas d'autre : Félix Tshisekedi n'a pas parlé lui-même.
Une phrase de la déclaration du cardinal Fridolin Ambongo contient toute la suite. Le président Félix Tshisekedi a levé l'option d'un dialogue inclusif, a-t-il dit, en fonction de conditions qui se préciseront « chemin faisant ». Ce membre de phrase n'est pas un ornement. Il signifie que rien de ce qui fait un dialogue n'est arrêté, et que tout ce qui reste à arrêter est précisément ce sur quoi les acteurs congolais ne s'accordent pas.
Après avoir annoncé le dialogue inclusif, le cardinal Fridolin Ambongo a lancé un appel qui n'épargne aucun camp : « c'est à nous tous, ceux qui sont au pouvoir tout comme ceux qui sont dans l'opposition, de s'inscrire dans cette dynamique. »
Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, a prononcé cette phrase devant une caméra de la Présidence, le vendredi 17 juillet, à la sortie d'une audience avec le chef de l'État. Trois autres responsables de confessions religieuses se tenaient à ses côtés. Aucun d'eux n'a parlé. En dix-huit jours, la ligne que Félix Tshisekedi tenait publiquement depuis son adresse à la Nation du 29 juin a bougé.
Lors d'une messe à Bokungu, dans la Tshuapa, l'archevêque de Kinshasa a appelé les fidèles catholiques à se méfier des politiciens, opposant l'intérêt du peuple aux « intérêts personnels » des acteurs politiques.
La chaire, la rue et les partis convergent contre le projet de changement de la Constitution. Mais ce front commun reste fragile, une opposition qui peine à s'unir, une Église elle-même traversée de dissidences.