Dialogue : Ambongo appelle pouvoir et opposition à s’inscrire dans la dynamique du président Tshisekedi
Après avoir annoncé le dialogue inclusif, le cardinal Fridolin Ambongo a lancé un appel qui n'épargne aucun camp : « c'est à nous tous, ceux qui sont au pouvoir tout comme ceux qui sont dans l'opposition, de s'inscrire dans cette dynamique. »
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AFP
Après avoir annoncé, le vendredi 17 juillet, que le chef de l’État avait « levé l’option » d’un dialogue inclusif, le cardinal Fridolin Ambongo a lancé, dans la même déclaration, un appel qui n’épargne aucun camp. « Dès lors que cette option est levée d’aller à un dialogue inclusif entre fils et filles du Congo, c’est à nous tous, ceux qui sont au pouvoir tout comme ceux qui sont dans l’opposition, de s’inscrire dans cette dynamique », a-t-il déclaré à la sortie de son audience avec Félix Tshisekedi.
L’archevêque de Kinshasa a assigné à cet effort commun une double finalité, l’une intérieure, l’autre tournée vers la guerre. Il s’agit, a-t-il dit, « que cette initiative puisse aller de l’avant, porter des fruits, pour que tous les fils et filles du Congo puissent vivre enfin en paix, dès lors que les motifs d’agression à notre pays seront aussi enlevés ». La paix intérieure et la fin de l’agression sont ainsi présentées comme les deux termes d’un même objectif.
L’appel vaut par ce qu’il ne distingue pas. En renvoyant « ceux qui sont au pouvoir » et « ceux qui sont dans l’opposition » à une responsabilité identique, le cardinal place les deux camps sur le même plan devant l’initiative, sans en désigner un comme obstacle ni un autre comme moteur. C’est la logique qu’il avait posée en ouverture de sa déclaration, en rattachant la décision présidentielle à la nécessité de l’unité : « Comment pouvons-nous faire face à une telle agression si nous sommes divisés entre nous, les fils et filles du Congo ? »
À l’heure où le cardinal parlait, aucun des deux camps ne s’était encore inscrit dans la dynamique qu’il appelait de ses vœux. La Coalition Article 64, principale plateforme de l’opposition, conditionne toute participation au renoncement du président à son projet de changement de Constitution, condition qu’elle a posée le 9 juillet et que l’annonce du 17 juillet ne lève pas. Aucune position institutionnelle de l’Union sacrée, la majorité présidentielle, n’avait de son côté été rendue publique dans les heures qui ont suivi l’annonce, même si un parti allié, l’ACO du député Dany Banza, l’a saluée.
Le cardinal ne s’exprimait pas au nom de la seule Église catholique. Il parlait, a-t-il précisé, « au nom de tous [ses] collègues » présents, comme chef de confession religieuse, entouré de trois autres responsables religieux qui n’ont pas pris la parole. Le lendemain de la déclaration, le 18 juillet, la Conférence épiscopale nationale du Congo et l’Église du Christ au Congo ont consulté les responsables de la Coalition Article 64 à l’archevêché de Kinshasa, au titre de ce qu’elles ont décrit comme un rôle de médiation dans le processus.
Ce que le dialogue produira dépendra donc de la réponse que les deux camps donneront à cet appel, et cette réponse n’était pas connue au moment de l’annonce. Le cardinal a lié le succès de l’initiative à une condition qu’aucun dialogue congolais ne maîtrise : que « les motifs d’agression à notre pays soient aussi enlevés ».
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