Musique Fally, Ferre, Fabregas : la cinquième génération de la rumba à la conquête du monde
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Fally, Ferre, Fabregas : la cinquième génération de la rumba à la conquête du monde

En deux ans, Fally Ipupa, Ferre Gola et Fabregas ont rempli les plus grandes salles d'Europe, du Stade de France à l'Accor Arena. La cinquième génération de la rumba congolaise part à la conquête du monde.

Fally, Ferre, Fabregas : la cinquième génération de la rumba à la conquête du monde
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 7 JUILLET 2026 - 16:04 WAT · 4 min de lecture

Le samedi 2 mai 2026, peu après vingt heures quarante, Fally Ipupa entre en scène au Stade de France. Devant plus de quatre-vingt mille spectateurs, il devient le premier artiste du continent africain à remplir la plus grande enceinte de France, et il le fait sur deux soirs consécutifs, les 2 et 3 mai, pour une affluence totale annoncée au-delà de cent cinquante mille personnes. La rumba congolaise, classée au patrimoine de l’humanité depuis décembre 2021, n’avait jamais atteint cette échelle.

La performance n’est pas un coup isolé, mais l’aboutissement d’une montée en gamme méthodique. Fally Ipupa avait déjà rempli Bercy, l’Olympia, puis la Paris La Défense Arena avant de viser le stade. Deux mois plus tôt, le 4 avril, Ferre Gola réunissait plus de vingt mille personnes à l’Accor Arena, une première pour lui dans cette salle. Fabregas le Métis Noir, de son côté, avait joué au Casino de Paris en août 2024, puis au Zénith. En moins de deux ans, trois artistes congolais ont pris possession des grandes scènes européennes.

Ce mouvement a un nom. « Fally Ipupa représente toute une génération. La génération de Fally Ipupa regroupe également Ferre Gola, Fabregas, Héritier Wata et les autres. On la considère comme la cinquième génération », explique Glodi Nkiadiasivi, directeur adjoint du musée de la rumba congolaise, interrogé par Africa Radio le 12 juin 2026. Après Joseph Kabasele, Tabu Ley Rochereau, Papa Wemba ou Koffi Olomidé, cette cinquième vague hérite d’un genre presque centenaire et le porte à une audience mondiale.

Ce qui la distingue tient moins à la rupture qu’au métissage assumé. Fally Ipupa a baptisé son style la tokoos, un mélange de rumba et de sonorités urbaines. Son album « XX », sorti le 17 avril 2026 pour ses vingt ans de carrière, aligne des collaborations avec Angélique Kidjo, Wizkid et Youssou N’Dour, ce dernier montant d’ailleurs sur la scène du Stade de France. « Il est parmi les rares artistes qui ont compris que la rumba devait être internationalisée », résume Glodi Nkiadiasivi.

Loin de renier ses aînés, la nouvelle génération revendique leur héritage. « Nous devons perpétuer l’héritage des pères de la rumba, les aînés nous ont légué quelque chose et, à notre tour, on a intérêt à assumer et assurer, habiller la rumba de manière exceptionnelle », déclarait Fabregas le Métis Noir avant son concert parisien. Le fil qui relie les fondateurs des années 1950 aux stades de 2026 n’est pas rompu, il change d’échelle.

Le chemin n’a pourtant rien eu d’évident. Pendant des années, les concerts d’artistes congolais en Europe ont été perturbés par le phénomène des combattants, ces militants de la diaspora hostiles aux musiciens jugés proches du pouvoir. La normalisation de ces grands rendez-vous marque un tournant. L’État s’en est emparé. Le 6 juin 2026, le président Félix Tshisekedi a élevé Fally Ipupa au grade de chevalier de l’Ordre national du Léopard, deuxième artiste ainsi distingué après Tabu Ley Rochereau. « Toute ma gratitude à la République démocratique du Congo », lançait le chanteur depuis la scène du Stade de France.

Reste à transformer l’essai. Remplir un stade parisien prouve la puissance d’une diaspora et l’attrait d’un répertoire, pas encore l’installation durable de la rumba dans l’industrie musicale mondiale. Les salles combles de Paris disent une chose simple, que la génération de Fally, Ferre et Fabregas a cessé de jouer à domicile pour affronter le monde. La suite se jouera sur les plateformes, les festivals et les marchés que la rumba n’a pas encore conquis.

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B
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