Annoncé au printemps, contesté pendant des semaines, l’accord d’accueil temporaire conclu entre Kinshasa et Washington pour quinze ressortissants de pays tiers commence à se refermer. Le 5 juin, le gouvernement annonce que plus de la moitié des personnes concernées ont déjà regagné leur pays d’origine. Sur le terrain, le dispositif suit donc le calendrier qu’il s’était fixé.
La journée ville morte appelée par la Coalition Article 64 n’a pas livré une vérité simple. Elle n’a pas prouvé que l’opposition contrôlait la rue. Elle n’a pas non plus prouvé que le pouvoir avait neutralisé la contestation. Elle a surtout ouvert une nouvelle séquence : celle où la Constitution quitte les salles de réunion pour devenir un objet de mobilisation populaire.
La ville morte du 3 juin n'a pas livré le verdict spectaculaire que chaque camp espérait. Kinshasa a ralenti, surtout dans la matinée, mais elle ne s'est pas arrêtée. L'opposition revendique une victoire. Le pouvoir peut répondre que la capitale a fonctionné. Cette journée ressemble à un match nul politique, qui pourrait paradoxalement coûter plus cher à l'opposition.
Si la mobilisation de l'opposition contre une éventuelle révision constitutionnelle ressemble à celle de ce mercredi 3 juin, alors le chef de l'État congolais n'a, objectivement, rien de bien important à craindre. Chronique d'une journée où l'on peut perdre une bataille politique et publier le communiqué de victoire à la même heure.
Aux alentours de midi, la Coalition Article 64 commence à revendiquer publiquement le succès de la ville morte. Mais sur le terrain à Kinshasa, marchés, transports et écoles reprennent leur activité. Analyse à mi-parcours d'une journée où le temps politique court plus vite que le temps des faits.