Climat des affaires : le dialogue Gouvernement-FEC vise à corriger le score de 37 %
Depuis décembre 2025, la Primature a institué une concertation trimestrielle avec le patronat. La prochaine étape, une feuille de route commune assortie de délais, doit prouver que le dialogue produit des gains mesurables.
Climat des affaires : le dialogue Gouvernement-FEC vise à corriger le score de 37 %
AFP
Kinshasa, 26 mai 2026. À la Primature, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka réunit autour de la même table les représentants de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et de la Confédération des petites et moyennes entreprises (COPEMECO). C’est la deuxième séance en une semaine. Six jours plus tôt, le 20 mai, la même salle avait accueilli la deuxième réunion trimestrielle de haut niveau consacrée au climat des affaires. Objet de la rencontre du 26 mai : arrêter une feuille de route commune.
Cette feuille de route, encore en finalisation, doit préciser trois choses : les mesures retenues, les ministères chargés de les appliquer et les délais impartis. Le gouvernement y a présenté les avancées de la loi de finances rectificative et l’état de déploiement de la facture normalisée. Le secteur privé, lui, est venu avec une liste.
Fiscalité d’abord : remboursement de la TVA, pression fiscale sur l’agro-industrie, taxation jugée inappropriée dans les zones économiques spéciales. Logistique ensuite : embouteillages, barrière fiscale au Kongo Central. Puis les dossiers sectoriels, de l’assurance aux télécoms, du secteur bancaire aux PME. En toile de fond, la prolifération de taxes, la multiplicité des contrôles et la fraude transfrontalière.
Le cadre n’est pas né en mai. Il a été institué le 18 décembre 2025, lors d’une réunion du dialogue public-privé que la Première ministre avait présidée à la Primature, entourée du vice-Premier ministre à l’Économie, du ministre des Finances et de plusieurs de leurs collègues. Ce jour-là, le président national de la FEC, Robert Malumba Kalombo, avait posé le chiffre qui sert désormais de repère.
« Nos attentes sont que ce cadre permette de matérialiser concrètement un bon climat des affaires en RDC. Le baromètre de 2023 a attribué un score de 37 %, qui n’était pas satisfaisant. D’où la nécessité d’un dialogue direct pour identifier ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas », déclarait-il.
Le président de la FEC situait alors le blocage moins dans les textes que dans leur application. « Nous constatons une réelle volonté politique de la part du Gouvernement. Toutefois, certaines difficultés persistent dans la mise en œuvre concrète des réformes. Il s’agit moins du contenu des textes que de leur accompagnement effectif sur le terrain », expliquait-il.
Le dialogue est désormais trimestriel. Il s’inscrit dans le Pilier I du Programme d’actions du gouvernement 2024-2028, qui range l’assainissement du climat des affaires parmi ses priorités, aux côtés de la création d’emplois et de la protection du pouvoir d’achat.
Reste la marche à franchir : transformer une série de réunions en gains mesurables pour les entreprises, et faire remonter un score de 37 % que le patronat lui-même a versé au débat. La feuille de route commune, une fois signée, en sera le premier test.
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