Partis & Coalitions Dialogue inclusif : entre soutiens et appels à la vigilance, les réactions se multiplient

Dialogue inclusif : entre soutiens et appels à la vigilance, les réactions se multiplient

ACO, PPRD, société civile : les réactions à la décision de Félix Tshisekedi d'ouvrir un dialogue inclusif se multiplient, entre soutien affiché et appels à la prudence sur les modalités. L'opposition C64, elle, maintient sa condition du 9 juillet.

Dialogue inclusif : entre soutiens et appels à la vigilance, les réactions se multiplient
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 19 JUILLET 2026 - 04:23 WAT · 4 min de lecture

L’annonce, le 17 juillet, de l’adhésion de Félix Tshisekedi à l’option d’un dialogue inclusif continue de susciter des réactions dans la classe politique et la société civile. Rapportée par le cardinal Fridolin Ambongo à la sortie d’une audience avec les responsables des confessions religieuses, la décision a d’abord été saluée dans le camp qui appuie le chef de l’État, avant de recueillir des soutiens plus larges, assortis d’appels à la vigilance sur les modalités.

Le premier soutien public est venu d’un parti allié. Le 17 juillet, le député Dany Banza, de l’Alliance des Congolais (ACO), a salué sur son compte X une décision qui « offre à toutes les filles et à tous les fils de la République démocratique du Congo l’opportunité de contribuer, dans un esprit républicain, à la consolidation de la paix, de la cohésion nationale et du développement de notre pays ». Il y voit la preuve d’un « sens élevé de l’État », et engage sa formation : « Mon parti ACO et moi-même allons soutenir cette initiative pour sa réussite totale. »

Dans l’opposition, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) accueille favorablement l’ouverture, tout en appelant à la prudence. Ferdinand Kambere, cadre de cette formation, estime, dans des propos rapportés par Radio Okapi, que le chef de l’État semble avoir pris en compte les revendications de l’opposition, les attentes de la population et les recommandations internationales en faveur d’un dialogue sans conditions. Il dit rester vigilant sur les modalités, notamment sur les conditions que fixerait l’ordonnance présidentielle convoquant les assises. « Nous espérons que cette fois-ci le chef de l’État a compris non seulement les cris du peuple, les cris de l’opposition, les conseils de la communauté internationale, les organismes et surtout les résolutions même du Conseil de sécurité des Nations unies pour que les Congolais se mettent sur la même table et parlent sans tabou, parlent sans conditions », a-t-il déclaré.

La société civile salue également l’initiative, en insistant sur la bonne foi des parties. Le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), Jean-Claude Katende, considère la décision comme une étape importante pour la recherche de la paix, et invite la majorité au pouvoir comme l’opposition, les groupes rebelles et les organisations de la société civile à s’engager dans une dynamique de compromis. « Le dialogue étant maintenant la chose conquise, il est important que la majorité au pouvoir ne multiplie pas les intrigues pour contrôler ce dialogue comme cela avait été à l’époque de la Conférence nationale souveraine », a-t-il plaidé auprès de Radio Okapi, appelant chaque partie à « jouer un jeu clair » pour que « les compromis soient trouvés ».

Toutes ces réactions saluent l’ouverture ; aucune ne vaut engagement à s’asseoir. La Coalition Article 64, principale plateforme d’opposition, a posé le 9 juillet une condition qu’elle n’a pas levée depuis : pas de dialogue tant que le président « n’aura pas renoncé publiquement et définitivement à son projet de changement de Constitution ». La déclaration du 17 juillet ne mentionne ni la Constitution, ni le référendum. La proposition de loi organisant un référendum, adoptée à l’Assemblée nationale le 9 juin par 348 voix sur 351 votants, l’opposition absente, est devant la Cour constitutionnelle depuis le 29 juin, et n’est pas promulguée.

Les modalités du dialogue restent inconnues : ni date, ni lieu, ni médiateur, ni ordre du jour n’ont été communiqués, l’option ayant été levée, selon la formule rapportée par le cardinal, en fonction de conditions qui se préciseront « chemin faisant ». C’est précisément sur ces modalités que portent, à ce stade, les réserves.

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B
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