Économie Emploi des jeunes : les dessous de « Debout Jeunes Congolais », le pari à 1,3 milliard de dollars de Tshisekedi
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Emploi des jeunes : les dessous de « Debout Jeunes Congolais », le pari à 1,3 milliard de dollars de Tshisekedi

La RDC lance « Debout Jeunes Congolais », un programme de 1,3 milliard de dollars sur six ans pour l'emploi et l'entrepreneuriat des jeunes. Une ambition à la mesure du chômage, dont l'exécution reste le test.

Emploi des jeunes : les dessous de « Debout Jeunes Congolais », le pari à 1,3 milliard de dollars de Tshisekedi
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 4 JUILLET 2026 - 11:13 WAT · 3 min de lecture

Le 30 juin 2026, au Palais de la Nation à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a lancé le programme présidentiel pour l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, baptisé « Debout Jeunes Congolais ». Doté de 1,3 milliard de dollars sur six ans, de 2026 à 2032, il découle des recommandations de la table ronde nationale sur l’emploi des jeunes tenue en novembre 2025. Son mot d’ordre, « le mérite par le travail, la patrie par l’entreprise », en résume l’ambition.

Le programme s’organise autour de trois piliers, la formation professionnelle, l’entrepreneuriat et l’accès à l’emploi. Le volet entrepreneurial passe par un concours national de plans d’affaires simplifiés, destiné à financer les projets des jeunes. Une première enveloppe de 50 millions de dollars a été débloquée pour amorcer le dispositif. La structure du financement reste toutefois à préciser, la quote-part du budget de l’État étant estimée à environ 110 millions de dollars par an, le reste devant venir de partenaires techniques et financiers.

Le chef de l’État a inscrit ce lancement dans un changement de regard. « Pendant trop longtemps, on a parlé de la jeunesse comme d’un risque, d’une charge ou d’un problème à gérer », a déclaré le président Tshisekedi. Le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba Mwana Ngongo, a rappelé la logique économique du dispositif. « Pour créer des emplois, il faut des entreprises, et pour avoir des entreprises compétitives, il faut une main-d’œuvre qualifiée répondant aux besoins réels du marché », a-t-il expliqué.

Le besoin, lui, est immense. Le chômage des 15-24 ans est estimé à environ 35 %, le sous-emploi à la moitié de cette classe d’âge, et près de neuf jeunes actifs sur dix travaillent dans l’informel. Le revenu mensuel médian d’un jeune avoisine vingt dollars. À l’échelle du pays, les besoins du marché du travail sont chiffrés à quelque 9,6 millions d’emplois d’ici à 2030, un ordre de grandeur qui dépasse de loin ce qu’un seul programme peut absorber. À cela s’ajoute une contrainte de tuyauterie, seuls 25 à 30 % des Congolais disposent d’un compte bancaire, ce qui complique le versement des crédits.

L’expérience invite d’ailleurs à la prudence. Le Programme de développement local des 145 territoires, lancé avec de grandes ambitions, n’affichait qu’un tiers d’exécution physique fin 2024 et a été rappelé à l’ordre par le Sénat. Rien n’indique que « Debout Jeunes Congolais » suivra le même chemin, mais le précédent rappelle que l’écart se creuse souvent entre l’annonce et le décaissement.

Pour Kinshasa, ce programme est un pari politique autant qu’économique, celui de transformer une jeunesse nombreuse en moteur plutôt qu’en fardeau. L’intention est claire et le montant considérable sur le papier. Reste la marche la plus difficile, celle de l’exécution. Un milliard et trois cents millions de dollars annoncés ne créeront d’emplois que s’ils sont mobilisés, décaissés et suivis. C’est à la fin des six ans, pas au Palais de la Nation, que le pari se jugera.

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B
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