« Personne ne peut lui donner d’ultimatum », déclare le député auteur de la proposition de loi référendaire, à onze jours de l’échéance du 15 août fixée par la Coalition Article 64 pour la convocation du dialogue national.
Recentrer le dialogue sur la guerre, ou y traiter aussi la Constitution : deux ordres du jour s’affrontent à dix jours de l’échéance du 15 août. La contribution de Léonard She Okitundu hiérarchise plutôt qu’elle n’exclut, et un arrêt de la Cour rend l’arbitrage moins libre qu’il n’y paraît.
L'ancien président guinéen participe aux consultations sur le dialogue national congolais et se trouvait à Kinshasa le 17 juillet, sans apparaître sur les photos officielles. Ce que l'on sait de son rôle, et ce qui reste non confirmé.
Accord de principe le 17 juillet, marche suspendue le 20, veto contre Kabila le 25, demande d'enquête internationale le 28 : dix jours de séquence, et quatre questions sans réponse sur le format, les participants, la justice pour les victimes et le calendrier.
Le président Félix Tshisekedi a convoqué un dialogue national, mais le cadre est déjà verrouillé : cinq lignes rouges côté pouvoir, un ultimatum de l'opposition au 15 août, un refus net de l'AFC/M23. Décryptage des conditions et des réactions de Nangaa, Sesanga et Ambongo.
Le report de la marche du 22 juillet, obtenu par la médiation des Églises, a valu à la C64 ses critiques les plus dures non du pouvoir mais de son propre camp : José Makila, un cadre d'Ensemble, le kabiliste Kabange Numbi. Récit d'une opposition qui se divise sur la méthode.
Un dialogue a été annoncé, mais son ordre du jour n'est pas écrit. Ce que chaque acteur veut y mettre : Constitution, prisonniers politiques, guerre à l'Est, place de l'AFC/M23. État des lieux des positions et des revendications.
La Coalition Article 64 maintient sa marche du 22 juillet et lie sa participation au dialogue à trois conditions : abandon du projet de révision constitutionnelle, décrispation politique, actions concrètes à l'Est. « On ne construit pas un dialogue sous la répression », résume Jean-Marc Kabund.
ACO, PPRD, société civile : les réactions à la décision de Félix Tshisekedi d'ouvrir un dialogue inclusif se multiplient, entre soutien affiché et appels à la prudence sur les modalités. L'opposition C64, elle, maintient sa condition du 9 juillet.
Une seule raison a été donnée publiquement, et ce n'est pas le président qui l'a donnée. C'est le cardinal Fridolin Ambongo, vendredi 17 juillet, à la sortie d'une audience. « Notre pays aujourd'hui souffre d'une agression qui vient essentiellement de l'Est du Rwanda », a-t-il dit. « Mais comment pouvons-nous faire face à une telle agression si nous sommes divisés entre nous, les fils et filles du Congo ? » L'unité d'abord, parce que la guerre l'exige. C'est l'explication de la décision telle qu'elle a été présentée aux Congolais, et à ce stade il n'en existe pas d'autre : Félix Tshisekedi n'a pas parlé lui-même.