Adoptée à Gaborone le 26 juillet 2026, la feuille de route de l’Union africaine et de la SADC compte sept axes de travail et une seule date : la session d’Arusha avant la fin de l’année.
Réunis trois jours à Gaborone, l’Union africaine, la SADC et la Communauté d’Afrique de l’Est écrivent noir sur blanc que les cessez-le-feu qu’elles ont obtenus ne tiennent pas. Elles repartent avec une feuille de route de six mois dont le contenu n’est pas publié.
Un dialogue a été annoncé, mais son ordre du jour n'est pas écrit. Ce que chaque acteur veut y mettre : Constitution, prisonniers politiques, guerre à l'Est, place de l'AFC/M23. État des lieux des positions et des revendications.
La Coalition Article 64 maintient sa marche du 22 juillet et lie sa participation au dialogue à trois conditions : abandon du projet de révision constitutionnelle, décrispation politique, actions concrètes à l'Est. « On ne construit pas un dialogue sous la répression », résume Jean-Marc Kabund.
ACO, PPRD, société civile : les réactions à la décision de Félix Tshisekedi d'ouvrir un dialogue inclusif se multiplient, entre soutien affiché et appels à la prudence sur les modalités. L'opposition C64, elle, maintient sa condition du 9 juillet.
Une seule raison a été donnée publiquement, et ce n'est pas le président qui l'a donnée. C'est le cardinal Fridolin Ambongo, vendredi 17 juillet, à la sortie d'une audience. « Notre pays aujourd'hui souffre d'une agression qui vient essentiellement de l'Est du Rwanda », a-t-il dit. « Mais comment pouvons-nous faire face à une telle agression si nous sommes divisés entre nous, les fils et filles du Congo ? » L'unité d'abord, parce que la guerre l'exige. C'est l'explication de la décision telle qu'elle a été présentée aux Congolais, et à ce stade il n'en existe pas d'autre : Félix Tshisekedi n'a pas parlé lui-même.
Une phrase de la déclaration du cardinal Fridolin Ambongo contient toute la suite. Le président Félix Tshisekedi a levé l'option d'un dialogue inclusif, a-t-il dit, en fonction de conditions qui se préciseront « chemin faisant ». Ce membre de phrase n'est pas un ornement. Il signifie que rien de ce qui fait un dialogue n'est arrêté, et que tout ce qui reste à arrêter est précisément ce sur quoi les acteurs congolais ne s'accordent pas.
En ouvrant le dialogue, le camp présidentiel reprend la main sur un mot qui appartenait à l'opposition, sans rien concéder d'écrit. Ce que Tshisekedi et l'Union sacrée jouent dans la séquence : l'initiative, le texte constitutionnel intact, et le stylo de la convocation.
Derrière un front uni contre la révision constitutionnelle, l'opposition congolaise avance en ordre dispersé. Ce que le dialogue et la marche du 22 juillet révèlent de ses calculs : l'urne pour Fayulu, la présidentielle pour Katumbi, la survie judiciaire pour le camp Kabila.
Après avoir annoncé le dialogue inclusif, le cardinal Fridolin Ambongo a lancé un appel qui n'épargne aucun camp : « c'est à nous tous, ceux qui sont au pouvoir tout comme ceux qui sont dans l'opposition, de s'inscrire dans cette dynamique. »