Santé Tshopo : les mesures barrières décrétées face à la menace Ebola
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Tshopo : les mesures barrières décrétées face à la menace Ebola

Sans cas confirmé sur son sol à la fin mai, la Tshopo verrouille ses portes. Interdiction d'entrée des corps, contrôles routiers, rassemblements suspendus : la province voisine de l'Ituri joue la prévention.

Tshopo : les mesures barrières décrétées face à la menace Ebola
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 7 JUILLET 2026 - 16:14 WAT · 3 min de lecture

Le 3 juillet 2026, le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga, a signé un arrêté provincial interdisant, jusqu’à nouvel ordre, le transfert et le transport des corps en provenance des zones affectées ou à risque, au premier rang desquelles l’Ituri et le Nord-Kivu. Le texte prévoit aussi le renforcement des mesures barrières sur l’ensemble du territoire provincial. À Kisangani, chef-lieu de la province, la menace d’Ebola se gère par anticipation, avant même qu’un cas y soit officiellement recensé.

Le contexte est celui d’une épidémie déjà installée à l’est du pays. Le 17 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé avait déclaré l’épidémie de maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, urgence de santé publique de portée internationale. Le foyer principal se situe en Ituri, avec une extension au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Frontalière de l’Ituri, reliée à lui par la Route nationale numéro 4 et par le fleuve, la Tshopo figure parmi les provinces exposées au risque d’importation du virus.

À la mesure provinciale s’ajoute une décision nationale. Le 27 juin 2026, le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a adressé aux gouverneurs concernés un communiqué interdisant tous les rassemblements publics dans quatre entités, la ville-province de Kinshasa et les provinces de la Tshopo, du Haut-Uele et du Bas-Uele. Les deux niveaux se superposent donc, l’arrêté du gouverneur visant la circulation des dépouilles, le communiqué du ministre visant les rassemblements.

Le dispositif de terrain, lui, avait été posé dès le printemps. Le 22 mai 2026, le gouvernement provincial lançait à Kisangani son plan de riposte, avec l’appui de l’OMS. « Des barrières seront installées à Havakubi et au PK23, à l’entrée de Kisangani, pour contrôler les voyageurs venant de l’Ituri et prendre leur température », détaillait le ministre provincial de la Santé, Simon Bokongo. Le plan prévoyait aussi le dépistage actif, pendant les vingt et un jours d’incubation, des personnes arrivées de l’Ituri, et des contrôles à l’aéroport de Bangboka. Le même responsable rappelait l’enjeu vital. « La mortalité est très élevée, elle atteint 40 % », avertissait-il.

La mesure sur les rassemblements a toutefois nourri une controverse. Intervenant à quelques jours d’une marche de l’opposition annoncée pour le 8 juillet, elle a été lue par une partie de la classe politique comme un prétexte. Des figures de l’opposition l’ont qualifiée d’« anticonstitutionnelle » et « fabriquée dans les laboratoires de l’UDPS », selon des propos rapportés par Radio Okapi le 29 juin. Pour Prince Epenge, porte-parole de la coalition Lamuka, l’interdiction visait d’abord à empêcher la mobilisation de la rue. Le gouvernement, lui, maintient la justification sanitaire.

Pour la Tshopo, la logique reste celle du cordon. Une province encore épargnée qui érige des barrières, contrôle ses entrées et suspend ses rassemblements fait le pari que la prévention coûte moins cher que la riposte. Reste que ces mesures pèsent sur la vie quotidienne, des funérailles empêchées aux déplacements filtrés, dans une région où l’économie et le deuil passent par la route et le fleuve. À Havakubi comme au PK23, ce sont désormais des thermoflash qui décident qui entre dans Kisangani.

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B
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