Santé Ebola en Ituri : de 15 à 33 zones de santé touchées en un mois, la carte qui s’étend
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Ebola en Ituri : de 15 à 33 zones de santé touchées en un mois, la carte qui s’étend

En un mois, l'épidémie d'Ebola est passée de 15 à 33 zones de santé, sans quitter trois provinces de l'Est. Son front le plus avancé, à Nia-Nia, fait redouter un saut vers la Tshopo.

Ebola en Ituri : de 15 à 33 zones de santé touchées en un mois, la carte qui s’étend
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 4 JUILLET 2026 - 11:49 WAT · 3 min de lecture

Le 23 juin 2026, lors d’un point de presse à Genève, l’Organisation mondiale de la santé a dénombré trente-trois zones de santé touchées par l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, contre vingt-neuf la semaine précédente. La progression est rapide. Le 21 mai, les bulletins en comptaient quinze, puis vingt-trois le 31 mai et vingt-cinq début juin. En un mois, la carte de l’épidémie a plus que doublé sa surface, sans pour autant sortir de trois provinces, l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

L’Ituri reste l’épicentre, avec la grande majorité des cas confirmés. Le foyer est parti de Mongbwalu, une zone minière à fort trafic, avant de gagner Rwampara et Bunia, où les malades affluent pour se faire soigner. La province comptait à la mi-juin dix-sept de ses trente-six zones de santé atteintes. Le Sud-Kivu a été officiellement touché le 20 mai, dans la zone de Miti-Murhesa, près de Bukavu. Au Nord-Kivu, les zones de Katwa, Beni, Butembo et Oïcha ont enregistré des cas confirmés.

C’est vers l’ouest que se joue la crainte du moment. La zone de Nia-Nia, dans le territoire de Mambasa, se situe sur l’axe routier qui mène à Kisangani, capitale de la Tshopo. Dans la nuit du 30 juin au 1er juillet, le centre de traitement de Bafwabango y a été saccagé, faisant deux morts et laissant neuf malades en fuite, dont deux cas confirmés. Cet axe est désormais surveillé, mais aucune zone de la Tshopo n’est à ce jour officiellement touchée. Sur le terrain, la défiance complique la riposte. « Ebola c’est une maladie qui tue la population mais les gens cherchent à véhiculer de fausses informations », déplorait le chef du groupement de Ngayo, Alexis Mungaki.

Ce que la carte raconte, c’est une mécanique de propagation. Le virus suit les routes et les malades qui les empruntent, souvent pour chercher des soins loin de chez eux. Pour freiner cette diffusion, le gouverneur militaire de l’Ituri a signé fin juin un arrêté restreignant les moto-taxis et les taxis et instaurant des contrôles aux frontières provinciales. L’insécurité et les attaques contre les structures de soins, elles, jouent en sens inverse, en dispersant les malades et en rouvrant des chaînes de transmission.

Derrière la carte, les bilans montent. Au 23 juin, l’OMS faisait état de 1 048 cas confirmés et 267 décès, ainsi que de 112 personnes guéries. « Chaque zone sanitaire présente une dynamique différente. Dans certaines localités, la situation reste stable, tandis que dans d’autres, on observe une augmentation », résumait le directeur des opérations d’alerte de l’OMS, Abdi Mahamud, précisant que 84 % des lits de traitement étaient alors occupés. Des relevés nationaux plus récents, arrêtés au 1er juillet et encore à consolider, avançaient un total supérieur à 1 400 cas confirmés.

Pour Kinshasa, l’enjeu se lit sur cette carte, contenir le virus avant qu’il ne saute une province de plus. Trente-trois zones dans trois provinces, cela reste un périmètre, tant que le front de Nia-Nia ne cède pas. Distinguer les zones simplement surveillées de celles réellement touchées est ici une question de rigueur autant que de riposte. Tant que ce front tiendra, la Tshopo retiendra son souffle. S’il lâche, la carte changera d’échelle.

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B
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