Ebola en RDC : 11 360 contacts sous surveillance, la bataille discrète qui décide de l’épidémie
Selon l'INSP, 11 360 personnes contacts étaient suivies au 2 juillet, dont 81,8 % vues en vingt-quatre heures. Un maillage humain qui conditionne l'issue de la 17e épidémie.
Ebola en RDC : 11 360 contacts sous surveillance, la bataille discrète qui décide de l’épidémie
AFP
BUNIA, 4 juillet 2026. Derrière les 1 502 cas confirmés d’Ebola, une autre bataille se joue, moins spectaculaire mais décisive : celle du suivi des contacts. Selon le rapport de situation de l’Institut national de santé publique (INSP) arrêté au 2 juillet, 11 360 personnes ayant approché un malade étaient placées sous surveillance, dont 81,8 % ont été vues au cours des dernières vingt-quatre heures. Deux cent soixante-neuf d’entre elles ont franchi sans tomber malades leur période d’observation de vingt et un jours, la durée maximale d’incubation du virus.
Le chiffre dit l’ampleur de la tâche. En quelques semaines, le nombre de contacts à retrouver est passé de 500 à environ 11 000, a rappelé le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, Jean Kaseya, qui a qualifié la flambée de plus grave jamais enregistrée en RDC. Chaque cas confirmé génère une liste de personnes à visiter chaque jour, à convaincre de rester joignables et à isoler au moindre symptôme.
C’est sur ce maillage que se gagne ou se perd une épidémie d’Ebola. Tant qu’un contact suivi peut être isolé dès les premiers signes, la chaîne de transmission se rompt. L’OMS juge la couverture en progrès, avec quatre contacts sur cinq désormais suivis, mais insuffisante : selon elle, davantage de personnes doivent encore être identifiées autour de chaque cas pour interrompre les chaînes. « Sous la direction du gouvernement, nous avons continué à renforcer la riposte », a déclaré son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, à Genève.
L’exercice se heurte à la géographie et à la défiance des populations. Dans des zones de santé reculées de l’Ituri et du Nord-Kivu, atteindre chaque contact suppose des moyens roulants ; la Banque mondiale indique acquérir dix véhicules dédiés à la surveillance épidémiologique. Ailleurs, la peur peut pousser des familles à cacher un proche malade, brisant le fil du traçage.
Le ministre de la Santé, Roger Kamba, inscrit ce travail dans une organisation resserrée qu’il résume par la formule « un seul plan, une seule équipe et un seul budget ». Les 269 contacts sortis du suivi sans avoir déclaré la maladie constituent, pour l’heure, l’un des rares indicateurs qui vont dans le bon sens.
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