Santé Ebola en Ituri : les centres de traitement débordés, 96 % des lits occupés
ALIMA

Ebola en Ituri : les centres de traitement débordés, 96 % des lits occupés

22 centres, quelque 650 lits, presque tous pleins. En Ituri, la riposte contre Ebola se heurte à un mur, celui de la capacité hospitalière, aggravé par les attaques contre les centres.

Centre de traitement Ebola en Ituri, dans l'est de la RDC.

Ebola en Ituri : les centres de traitement débordés, 96 % des lits occupés
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 4 JUILLET 2026 - 11:02 WAT · 3 min de lecture

Le 2 juillet 2026, l’Organisation mondiale de la santé a dressé un état des lieux tendu. Vingt-deux centres de traitement d’Ebola étaient en service en République démocratique du Congo, totalisant environ six cent cinquante lits, occupés à 96 %. Trois cents lits supplémentaires étaient annoncés. Neuf jours plus tôt, le 23 juin, le taux d’occupation atteignait déjà 84 %. « Les centres de traitement actuels sont sous pression, avec 84 % des lits actuellement occupés », constatait alors le directeur des opérations d’alerte de l’OMS, Abdi Mahamud. La courbe des admissions monte plus vite que celle des lits.

Sur le terrain, la prise en charge est répartie entre plusieurs structures et opérateurs. À Bunia, un centre de traitement de quarante-deux lits, extensible à soixante, a été inauguré début juin au Centre médical évangélique. L’hôpital général de référence de la ville, doté de cinquante lits, affichait complet, avec quatre-vingt-six lits en construction. Le centre de Rwampara est géré par l’organisation médicale ALIMA, tandis que Médecins sans frontières exploite une unité d’isolement à l’hôpital Salama et met en place un centre dédié de soixante-cinq lits. À Mongbwalu, foyer initial de l’épidémie, l’hôpital est appuyé par la même organisation.

Dans ces centres, les soins restent avant tout du soutien. Faute de vaccin homologué contre la souche Bundibugyo, les équipes misent sur la réhydratation, l’oxygénation et la surveillance des patients, dans des unités d’isolement biosécurisées. Le 2 juillet, un essai clinique baptisé PARTNERS a été lancé à Bunia, pour évaluer un anticorps monoclonal et un antiviral. Les premières guérisons ont montré la voie, un employé de laboratoire et quatre infirmiers sortis rétablis début juin. « C’est possible de se remettre d’Ebola lorsqu’on se fait soigner rapidement dans un établissement de santé spécialisé », soulignait le directeur général de l’Institut national de santé publique, Dieudonné Mwamba Kazadi.

Encore faut-il que les malades arrivent, et à temps. Au 21 juin, les autorités dénombraient 371 patients en prise en charge et 112 guéris, sur un total de cas confirmés qui dépassait le millier. Beaucoup se présentent à un stade avancé, quand le traitement de soutien pèse moins lourd. Le représentant de Médecins sans frontières en République démocratique du Congo, Ewald Stals, a résumé la tension. « Dans certaines structures, les capacités d’accueil et d’isolement atteignent déjà leurs limites », a-t-il alerté.

À la saturation s’ajoute la violence. Plusieurs centres ont été attaqués, réduisant d’autant les lits opérationnels, comme à Nia-Nia où une structure a été saccagée fin juin. Chaque centre visé, ce sont des malades dispersés et des chaînes de transmission relancées. La capacité d’accueil ne se mesure donc pas qu’en lits construits, mais aussi en sécurité et en confiance des populations.

Pour Kinshasa, la bataille des lits résume la riposte. Ajouter trois cents places est nécessaire, mais insuffisant si les patients arrivent trop tard ou si les centres sont pris pour cible. La capacité hospitalière est le dernier rempart, celui qui transforme un diagnostic en survie. Tant que ce rempart restera saturé à plus de neuf dixièmes, chaque nouveau cas sera une place supplémentaire à trouver, et une nouvelle course contre la montre.

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B
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