Ebola : à Boga, la 25e zone touchée rouvre le front transfrontalier avec l’Ouganda
Premier cas à Boga, à la frontière ougandaise : la 25e zone touchée en Ituri ravive le risque transfrontalier, alors que l'Ouganda combat la même souche Bundibugyo.
Ebola : à Boga, la 25e zone touchée rouvre le front transfrontalier avec l’Ouganda
AFP
La progression de l’épidémie d’Ebola a rejoint la frontière. Boga, dans le territoire d’Irumu, est devenue la vingt-cinquième zone de santé touchée en Ituri après la confirmation d’un premier cas, un cultivateur qui aurait été en contact avec un malade venu de Bunia. La localité fait face à l’Ouganda, ce qui replace la question transfrontalière au centre de la riposte. Le chef de la chefferie des Bahema Boga, John Kabarole Tibasima III, a appelé la population au calme et à la vigilance.
Le virus ne connaît pas la frontière que trace la carte. La souche Bundibugyo qui circule en Ituri est la même que celle qui frappe l’ouest de l’Ouganda, au point que l’OMS et l’Africa CDC traitent les deux pays comme un seul théâtre. Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 1 400 cas confirmés et environ 350 décès avaient été recensés début juillet dans les deux pays, dont plus de 90 % dans la seule province de l’Ituri, décrite comme « un important carrefour commercial frontalier avec l’Ouganda ». Kampala a maintenu son propre bilan à un niveau bas, de l’ordre de deux décès pour une vingtaine de cas confirmés.
Du côté ougandais, la parade s’est installée dès le mois de mai. Des agents de santé contrôlent la température des voyageurs et organisent le lavage des mains aux abords de Bundibugyo, dans l’ouest du pays, tandis que le gouvernement a renforcé la surveillance aux points de passage. L’épidémie a été classée urgence de santé publique de portée internationale par l’OMS le 17 mai, puis urgence continentale par l’Africa CDC.
La riposte transfrontalière ne se limite pas aux thermomètres. En Ouganda, des anthropologues accompagnent le retour des malades pour désamorcer la peur et la stigmatisation. « L’anthropologue est le milieu de terrain de la riposte à l’épidémie », résume le docteur Chris Opesen, de l’OMS, qui dit faire « le lien entre les équipes d’intervention et les communautés ». Cette médiation vise à éviter que les survivants et les cas suspects, une fois rentrés, ne soient rejetés par leur entourage, un phénomène qui pousse les malades à se cacher et nourrit la transmission.
À Boga, l’enjeu est d’empêcher que la zone ne devienne un point de bascule. Le corridor qui relie l’Ituri à l’Ouganda draine commerçants, déplacés et convois, autant d’occasions pour le virus de franchir la ligne. La détection d’un premier cas frontalier oblige à installer en urgence les piliers de la riposte, dépistage, isolement et suivi des contacts, dans une zone jusque-là épargnée. La souche Bundibugyo ne dispose d’aucun vaccin ni traitement homologué, ce qui laisse la prévention et la vitesse de réaction comme seules armes.
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