Droits humains Est de la RDC : l’ONU alerte sur des violations « d’une gravité exceptionnelle », l’AFC/M23 en tête
AFC/M23

Est de la RDC : l’ONU alerte sur des violations « d’une gravité exceptionnelle », l’AFC/M23 en tête

Devant le Conseil des droits de l'homme, la Commission d'enquête onusienne décrit une crise majeure au Nord et Sud-Kivu. Le Groupe d'experts désigne l'AFC/M23 comme premier auteur non étatique des violations, les FARDC comme premier acteur étatique.

Est de la RDC : l’ONU alerte sur des violations « d’une gravité exceptionnelle », l’AFC/M23 en tête
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 6 JUILLET 2026 - 11:55 WAT · 3 min de lecture

Genève, 29 juin 2026. Devant le Conseil des droits de l’homme, Arnauld Akodjenou présente la première mise à jour de la Commission d’enquête indépendante sur le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Le ton est grave. « Les informations portées à notre attention font état d’une situation d’une gravité exceptionnelle », déclare le président de la Commission. Il évoque des témoignages « profondément préoccupants concernant les enfants et les violences sexuelles liées aux conflits ».

Cette commission travaille encore à un stade préliminaire. Ses membres ont été nommés en octobre 2025. Elle établit les faits, écoute les victimes, mais ne désigne pas encore de responsables. « La Commission ne préjuge ni des faits ni des responsabilités », a précisé la commissaire Maxine Marcus, qui insiste sur une approche centrée sur les survivants.

La désignation des responsables, elle, vient d’un autre mécanisme. Le Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC a publié son rapport final le 11 juin 2026. Ce document nomme les acteurs. Il présente l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda selon l’ONU, comme le premier auteur non étatique des violations du droit international humanitaire. Il place les Forces armées de la République démocratique du Congo, les FARDC, en tête des acteurs étatiques. La double désignation vise l’ensemble des belligérants.

Les chiffres, eux, viennent du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, le BCNUDH, qui documente les violations mois après mois. En janvier 2026, il en a recensé 439, dont 97 % dans les provinces en conflit. La ventilation est nette. Les groupes armés portent 70 % des cas, l’AFC/M23 en tête avec 140 atteintes, devant les Wazalendo (56), les ADF (27), les Maï-Maï (15) et les FDLR (10). Les agents de l’État sont responsables des 30 % restants, dont 90 violations imputées aux FARDC et 31 à la police. En mars 2026, le total est monté à 524 violations documentées en un seul mois.

Le contexte reste celui d’un conflit qui ne s’éteint pas. Deux processus de paix, celui de Washington entre Kinshasa et Kigali, celui de Doha entre le gouvernement et l’AFC/M23, n’ont pas mis fin aux combats. Le Groupe d’experts estime les effectifs de l’AFC/M23 à environ 30 000 hommes et documente une présence rwandaise de plusieurs milliers de soldats dans les Kivu. Kigali dément tout soutien. Kinshasa conteste de son côté la collaboration entre FARDC et FDLR relevée par les experts. Ces constats onusiens sont donc établis par l’ONU et contestés par les parties visées.

La Commission s’est aussi inquiétée des menaces pesant sur ceux qui parlent. « Aucun acteur ne devrait être victime de représailles pour avoir coopéré avec les mécanismes des Nations unies », a averti le commissaire Clément Voule.

Le 29 juin, le même jour que la présentation genevoise, le Conseil de sécurité a renouvelé jusqu’au 1er juillet 2027 le régime de sanctions visant les groupes armés et le mandat du Groupe d’experts. La Commission d’enquête, elle, poursuit son travail de documentation. Son rapport de fond est attendu.

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B
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