Société Humanitaire: ce que le gouvernement a dit de seize jours de crises

Humanitaire: ce que le gouvernement a dit de seize jours de crises

Point humanitaire au Conseil des ministres du 14 août : incendies de sites de déplacés, naufrages, choléra et Ebola sur seize jours, présentés sans une seule donnée chiffrée.

Ève Bazaiba Masudi, ministre d'État aux Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale de la RDC

Le ministère des Affaires sociales a soumis au Conseil des ministres les termes de référence d'une campagne permanente de solidarité nationale.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 17 AOÛT 2026 - 13:17 WAT · 4 min de lecture

La ministre d’État aux Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Eve Bazaiba a présenté au Conseil des ministres du 14 août le point de la situation humanitaire en République démocratique du Congo pour la période allant du 27 juillet au 11 août 2026. Seize jours de crises, résumés en cinq paragraphes qui ne comportent aucun nombre.

La liste des urgences est pourtant lourde. La période a été marquée, écrit le compte rendu, par « des cas d’incendies des sites de personnes déplacées internes, des naufrages, les défis de l’épidémie de choléra, la riposte en cours contre la Maladie à Virus Ebola ainsi que les mouvements de populations signalés dans certaines zones ». Combien d’incendies, sur quels sites, combien de ménages sinistrés, combien de naufragés, combien de déplacés nouvellement enregistrés : rien n’est dit.

La ministre d’État a exposé « les différentes actions menées et en cours ainsi que les priorités identifiées en faveur de nos compatriotes en détresse pour lesquelles le Gouvernement se mobilise ». Elle a réitéré la volonté de « poursuivre le déploiement d’une aide coordonnée aux victimes », avec pour objectif « une réponse durable, fondée sur l’actualisation constante des besoins, le relèvement des communautés et la consolidation de leur résilience ». Le Conseil a pris acte.

Le contraste avec le point suivant

L’absence de chiffres se remarque d’autant plus que le point d’information suivant en est rempli. Sur la dix-septième épidémie d’Ebola, le ministre de la Santé publique a annoncé la confirmation d’un premier cas dans la province du Bas-Uélé le 12 août, portant à six le nombre de provinces affectées. Il a donné le décompte du 11 août : 118 nouveaux cas confirmés, dont 98 en Ituri, 18 au Nord-Kivu et 2 au Haut-Uélé. Trente-deux patients ont été déclarés guéris, portant le cumul à 918. Aucun nouveau cas dans la Tshopo ni au Sud-Kivu.

Le même Conseil sait donc compter quand il s’agit d’une épidémie. Le desk humanitaire, lui, sort sans données publiques exploitables, à un moment où l’État s’apprête à demander de l’argent à ses citoyens sur ce terrain précis. La campagne de solidarité nationale est annoncée pour le 25 août, ses termes de référence citent 7,3 millions de déplacés internes, et sa rubrique budget ne porte aucun montant.

Les incendies de sites de déplacés sont des événements datés et localisables, dont le bilan existe quelque part : un point humanitaire de deux semaines présenté sans un seul chiffre ne permet ni de mesurer l’effort de l’État, ni de dire si l’aide couvre les besoins. Trois données suffiraient à le rendre exploitable : le nombre de sites incendiés et de ménages touchés, le bilan des naufrages de la période, et le volume d’aide effectivement distribuée. Elles sont à réclamer au ministère des Affaires sociales, qui les détient nécessairement pour piloter sa réponse.

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B
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