Diplomatie Est de la RDC : une réunion du JSCM attendue pour vérifier le retrait rwandais

Est de la RDC : une réunion du JSCM attendue pour vérifier le retrait rwandais

Une réunion du mécanisme conjoint de coordination sécuritaire, le JSCM, est attendue vers la mi-juillet. Elle doit vérifier un retrait des forces rwandaises qui tarde.

Est de la RDC : une réunion du JSCM attendue pour vérifier le retrait rwandais
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 3 JUILLET 2026 - 09:36 WAT · 3 min de lecture

Le 24 juin 2026 à Londres, le sixième comité conjoint de supervision de l’accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda a fixé un rendez-vous. Dans les quinze jours, soit vers le 9 juillet, doit se tenir une réunion du mécanisme conjoint de coordination sécuritaire, connu sous son sigle anglais de JSCM. L’échéance tombe à quelques jours de la mi-juillet, horizon que Washington a publiquement fixé pour le retrait des forces rwandaises de l’Est.

Le JSCM n’est pas le comité politique. C’est l’organe militaire du processus, chargé de la coordination sécuritaire et du partage de renseignement entre les deux armées. Réuni pour la première fois en août 2025 à Addis-Abeba, il a adopté un concept d’opérations, le CONOPS, qui lie dans une même séquence la neutralisation des rebelles hutus rwandais des FDLR et le désengagement des forces rwandaises. Ce document a été validé dès le lancement du mécanisme.

Pour Kinshasa, l’enjeu de cette séquence tient en une contrepartie. « La paix, pour nous, signifie retrait des troupes rwandaises, cessation de soutien aux supplétifs », a résumé Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, lors de l’entérinement de l’accord. La formule dit l’attente congolaise : le désengagement des forces rwandaises et la fin de l’appui à l’AFC/M23 sont la condition de tout le reste.

Sur le papier, les parties multiplient les gages. Le communiqué du sixième comité de supervision engage les deux pays à « s’abstenir de toute action ou rhétorique hostile » de nature à saper l’accord. Depuis la signature de Washington, en juin 2025, le mécanisme a tenu plusieurs sessions plénières et des réunions politiques régulières, sous l’observation des États-Unis, du Qatar et de l’Union africaine.

La réalité du terrain avance moins vite. Un rapport du secrétaire général des Nations unies a relevé au printemps que la mise en œuvre restait à la traîne, l’ordre d’opérations finalisé sans traduction sur le terrain, une majorité des protocoles de Doha encore non signés. Sur les lignes de front, l’AFC/M23 conserve les territoires conquis, et les incidents se poursuivent.

Pour Kinshasa, la réunion de juillet doit précisément servir de test. Elle a vocation à mesurer l’état du désengagement, à opérationnaliser la vérification du cessez-le-feu et à distinguer les gestes réels des annonces. Le retrait des forces rwandaises n’est à ce jour ni achevé ni vérifié, et la date de la mi-juillet reste un objectif américain, non un calendrier signé. C’est au mécanisme conjoint, sous le regard de Washington et de l’Union africaine, qu’il reviendra d’en établir la preuve.

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