Diplomatie Washington, Doha : le processus de paix que les armes contredisent, selon l’ONU

Washington, Doha : le processus de paix que les armes contredisent, selon l’ONU

Accords signés à Washington et Doha, échéances manquées, FDLR hors de portée des FARDC : l'ONU dresse le bilan d'un processus de paix contourné.

Washington, Doha : le processus de paix que les armes contredisent, selon l’ONU
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 2 JUILLET 2026 - 17:03 WAT · 3 min de lecture

Sur le papier, l’année 2025 aura été celle des signatures. Le 27 juin, la République démocratique du Congo et le Rwanda ont signé à Washington un accord de paix négocié par les États-Unis. Moins d’un mois plus tard, à Doha, Kinshasa et l’AFC/M23 ont ouvert des négociations directes, « étape que le Gouvernement de la République démocratique du Congo refusait de franchir depuis 2021 ». Le rapport à mi-parcours du Groupe d’experts de l’ONU, coté S/2025/858, dresse le bilan de ce double processus, et il est sévère.

Les engagements se sont accumulés sans se concrétiser. Les parties s’étaient donné jusqu’au « 19 juillet 2025 » pour signer un accord de paix formel à Doha. Cet accord global n’était toujours pas conclu à la remise du rapport. Un accord d’échange de prisonniers a bien été signé le 18 septembre, un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu le 14 octobre, et un cadre d’intégration économique régionale paraphé le 7 novembre. Mais ce cadre reste subordonné à l’exécution d’un plan que rien ne fait avancer.

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Le nœud du blocage porte un nom : les FDLR. L’accord de Washington confie leur neutralisation à un concept général d’opérations doublé d’un ordre opérationnel. Le rapport précise que ces deux textes « attribuaient aux autorités congolaises la responsabilité exclusive de la neutralisation des FDLR ». Kinshasa s’y est engagé et a déclaré publiquement ne pas soutenir ce groupe, appelant ses combattants à désarmer.

Un paradoxe a aussitôt surgi. Le rapport le formule sans ambiguïté : « le gros des forces des FDLR opérait dans des zones contrôlées par l’AFC/M23 et la FDR, hors de la portée opérationnelle des Forces armées de la République démocratique du Congo ». En clair, on a demandé à Kinshasa de neutraliser un adversaire retranché dans les zones tenues par la rébellion et par l’armée rwandaise, là où ses propres troupes n’ont pas accès.

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Pendant que les diplomates signaient, les armes parlaient. De violents affrontements se sont poursuivis et étendus dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, et l’AFC/M23 comme la FDR ont multiplié mobilisations et offensives. Les pourparlers de Doha se sont enlisés sur les exigences de la rébellion, notamment les libérations de prisonniers. Chaque avancée sur le papier a été démentie sur le terrain.

Pour Kinshasa, ce chapitre éclaire la difficulté de sa position. Sommé de désarmer un groupe hors de sa portée, engagé dans un processus que la rébellion vide de sa substance, le gouvernement avance sur une ligne de crête. Le rapport établit la chronologie d’un processus contourné, en relevant des violations de cessez-le-feu de part et d’autre.

Le Groupe d’experts ne prédit pas l’issue des négociations. Il aligne les dates, les signatures et les combats qui les ont suivies, et renvoie au Conseil de sécurité le soin d’en tirer les conséquences.

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B
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