Production, barème de taxes, point de contrôle, compte bancaire, exportateurs, fonderies : la chaîne du coltan de Rubaya est documentée bout à bout. Ce que le Conseil de sécurité en fait, et ce qu’il n’en fait pas.
Kagame lie l'existence du Rwanda à celle du M23. Occupation des Kivus, administration parallèle, capture du coltan, remodelage démographique, projet de « République fédérale » : comment le Rwanda œuvre, pièce par pièce, à la partition de la RDC.
On parle de « rébellion ». Le mot est trompeur : dès lors que Kigali arme et commande, c'est une agression d'État déguisée. Et même cet instrument est fracturé : les experts de l'ONU en documentent trois fractures. Grand angle.
Le dernier rapport du Groupe d'experts de l'ONU chiffre jusqu'à 18 000 hommes la présence militaire rwandaise dans l'est de la RDC et documente l'apparition de structures financières non agréées dans les zones tenues par l'AFC/M23.
Washington, Doha, Union africaine : jamais les signatures n'ont été aussi nombreuses. Sur le terrain, les armes n'ont pas cessé de parler. Récit d'une paix que ses propres accords rendent introuvable.
À Rubaya, première mine de coltan de la RDC tenue par l'AFC/M23, les creuseurs paient en vies : éboulements meurtriers, coercition, travail des enfants. Le coût humain d'un minerai de guerre.
Du minerai pillé à Rubaya jusqu'aux smartphones : négociants, fonderies et marques électroniques au bout de la chaîne du coltan de guerre, selon une enquête et des sanctions récentes.
Coltan détourné à Rubaya, croissance rabotée, 30 % du budget à la défense, millions de déplacés : le coût économique de la guerre à l'Est de la RDC, en chiffres sourcés.
L'armée congolaise et les groupes d'autodéfense Wazalendo affirment avoir repris l'initiative dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, et se rapprochent de la cité minière de Rubaya, toujours tenue par l'AFC/M23. Ces combats surviennent au lendemain du premier anniversaire de l'accord de Washington, resté lettre morte.