Morts du 12 juin : Joseph Olenghankoy, président du CNSA, interdit de sortie du territoire
Le président du CNSA s’est vu notifier une interdiction de quitter la RDC après son audition par le Parquet général près la Cour de cassation, dans l’enquête sur des messages relatifs aux morts de la marche du 12 juin.
Morts du 12 juin : Joseph Olenghankoy, président du CNSA, interdit de sortie du territoire
AFP
Le président du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSA), Joseph Olenghankoy, s’est vu notifier le jeudi 25 juin une interdiction de sortie du territoire, au lendemain de son audition par le Parquet général près la Cour de cassation, à Kinshasa. La mesure vise à garantir sa disponibilité pour les besoins de la procédure ouverte à son encontre, selon des sources proches du dossier. Les autorités judiciaires n’ont pas communiqué officiellement sur la nature exacte des faits examinés.
L’affaire remonte à la marche de l’opposition du 12 juin à Kinshasa. Des publications diffusées depuis le compte X d’Olenghankoy affirmaient qu’une dizaine de personnes y avaient perdu la vie. Entendu pour propagation de faux bruits, le parquet lui demandant d’étayer ses accusations, l’ancien opposant a nié être l’auteur des messages. Sa défense conteste qu’ils émanent de lui et a réclamé une contre-expertise.
Après une première audition, il avait été autorisé à regagner son domicile, tout en étant invité à se présenter de nouveau devant les enquêteurs. C’est à l’issue de cette nouvelle comparution que l’interdiction de quitter le pays lui a été signifiée. La mesure est conservatoire : elle n’emporte ni inculpation formelle ni condamnation, mais elle place sous contrainte le dirigeant d’une institution de la République.
Figure de l’opposition congolaise de longue date, fondateur des Forces novatrices pour l’union et la solidarité (FONUS) et ancien candidat à la présidentielle, Joseph Olenghankoy dirige depuis 2017 le CNSA, organe né de l’accord de la Saint-Sylvestre de 2016 et chargé de suivre le processus électoral. Son ralliement aux institutions, lu par les uns comme un recentrage et par les autres comme un revirement, en fait une cible récurrente des polémiques. Ce n’est pas son premier face-à-face avec la Cour de cassation, qui l’avait déjà entendu, par le passé, au sujet de la gestion des fonds du CNSA.
Le bilan humain de la marche du 12 juin, au cœur de l’enquête, fait l’objet de versions contradictoires entre le pouvoir et l’opposition, et continue d’alimenter leur bras de fer à l’approche d’une nouvelle mobilisation. L’enquête se poursuit sous la conduite du Parquet général près la Cour de cassation.