Taxes imposées aux villageois, rançons tarifées, sites miniers pillés. Sous la pression militaire, les ADF ont basculé vers un autofinancement prédateur qui nourrit la guerre à même les populations qu'elles terrorisent.
Coltan détourné à Rubaya, croissance rabotée, 30 % du budget à la défense, millions de déplacés : le coût économique de la guerre à l'Est de la RDC, en chiffres sourcés.
À Genève, la commission d'enquête indépendante de l'ONU sur les violations des droits humains dans l'est de la RDC a livré, le 29 juin, un premier constat alarmant. Créée par le Conseil des droits de l'homme, elle décrit une situation qu'elle qualifie d'exceptionnellement grave. Les témoignages recueillis sont, selon elle, terrifiants. La commission n'en est qu'au stade préliminaire, mais son message est déjà sans détour.
Le mouvement rebelle qui occupe une partie de l'est de la RDC s'apprêterait à changer de visage. Selon un rapport du Groupe d'experts de l'ONU rendu public le 1er juillet, un remaniement de l'AFC/M23 se prépare. Il irait jusqu'au changement de nom. Et un homme y occuperait une place centrale : l'ancien président Joseph Kabila. Le document éclaire d'un jour cru la recomposition d'une rébellion qui pèse sur tout l'Est.