Droits humains À Genève, l’ONU alerte sur une crise des droits humains « d’une gravité exceptionnelle » dans l’est de la RDC

À Genève, l’ONU alerte sur une crise des droits humains « d’une gravité exceptionnelle » dans l’est de la RDC

À Genève, la commission d'enquête indépendante de l'ONU sur les violations des droits humains dans l'est de la RDC a livré, le 29 juin, un premier constat alarmant. Créée par le Conseil des droits de l'homme, elle décrit une situation qu'elle qualifie d'exceptionnellement grave. Les témoignages recueillis sont, selon elle, terrifiants. La commission n'en est qu'au stade préliminaire, mais son message est déjà sans détour.

Un projet de résolution sur la situation dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) doit être discuté vendredi au Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève (archives).
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 2 JUILLET 2026 - 09:08 WAT · 2 min de lecture

À Genève, la commission d’enquête indépendante de l’ONU sur les violations des droits humains dans l’est de la RDC a livré, le 29 juin, un premier constat alarmant. Créée par le Conseil des droits de l’homme, elle décrit une situation qu’elle qualifie d’exceptionnellement grave. Les témoignages recueillis sont, selon elle, terrifiants. La commission n’en est qu’au stade préliminaire, mais son message est déjà sans détour.

Le tableau dressé par la commission est accablant. Elle documente des violences sexuelles liées au conflit, dont des cas d’esclavage sexuel, des recrutements forcés, des meurtres, des arrestations arbitraires et des attaques contre des écoles et des structures de santé. Les enfants figurent parmi les premières victimes. « Les informations portées à notre attention font état d’une situation d’une gravité exceptionnelle », a déclaré Arnauld Akodjenou, président de la commission. Le mot est pesé.

Toutes les parties visées

La commission ne désigne pas un seul camp. Parmi les acteurs cités figurent le M23, des éléments de l’armée rwandaise, mais aussi les forces armées congolaises, des groupes Wazalendo, les FDLR et les ADF affiliés à l’organisation État islamique. L’approche se veut centrée sur les victimes. « La responsabilité commence par l’écoute des victimes et des survivants », a souligné Maxine Marcus, membre de la commission. Une autre commissaire a mis en garde contre toute intimidation ou représailles visant les témoins et les défenseurs des droits humains.

Reste la portée réelle de l’exercice. Une commission d’enquête documente, qualifie et recommande. Elle ne juge pas. Son travail peut nourrir de futures poursuites, nationales ou internationales, à condition qu’une volonté politique suive. La RDC réclame de longue date que les responsabilités soient établies, en particulier celles des soutiens extérieurs au M23. Le rapport final dira si les preuves rassemblées à Genève pèseront plus lourd que les précédentes. Les victimes, elles, attendent depuis longtemps.

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…