Ville morte, marche pro-réforme, loi référendaire adoptée, plainte reportée, sit-in annoncé : en dix jours, la Constitution est devenue le terrain du rapport de force politique en RDC. Décryptage d’une bataille de légitimité populaire.
Ville morte, marche pro-réforme, sit-in annoncé au Palais du peuple : chaque camp cherche désormais à faire parler les images. Mais une rue vide, une foule serrée ou un boulevard animé ne disent jamais, seuls, ce que pense un pays. Dans cette bataille constitutionnelle, vérifier les images devient une affaire politique.
La journée ville morte appelée par la Coalition Article 64 n’a pas livré une vérité simple. Elle n’a pas prouvé que l’opposition contrôlait la rue. Elle n’a pas non plus prouvé que le pouvoir avait neutralisé la contestation. Elle a surtout ouvert une nouvelle séquence : celle où la Constitution quitte les salles de réunion pour devenir un objet de mobilisation populaire.
Deux jours après la ville morte de l’opposition, la Coalition citoyenne pour la Nation d’Ejiba Yamapia appelle à une marche pro-changement constitutionnel le 5 juin à Kinshasa, vers le Palais du peuple.
Au lendemain de la ville morte du 3 juin, la Coalition Article 64 annonce une plainte contre Félix Tshisekedi le 9 juin et un sit-in le 12 juin. Décryptage d’une nouvelle offensive constitutionnelle.
Au lendemain de la ville morte du 3 juin, Martin Fayulu annonce une plainte contre Félix Tshisekedi le 9 juin pour « coup d’État contre la Constitution » et un sit-in au Palais du peuple le 12 juin.
La ville morte du 3 juin n'a pas livré le verdict spectaculaire que chaque camp espérait. Kinshasa a ralenti, surtout dans la matinée, mais elle ne s'est pas arrêtée. L'opposition revendique une victoire. Le pouvoir peut répondre que la capitale a fonctionné. Cette journée ressemble à un match nul politique, qui pourrait paradoxalement coûter plus cher à l'opposition.
Si la mobilisation de l'opposition contre une éventuelle révision constitutionnelle ressemble à celle de ce mercredi 3 juin, alors le chef de l'État congolais n'a, objectivement, rien de bien important à craindre. Chronique d'une journée où l'on peut perdre une bataille politique et publier le communiqué de victoire à la même heure.
Aux alentours de midi, la Coalition Article 64 commence à revendiquer publiquement le succès de la ville morte. Mais sur le terrain à Kinshasa, marchés, transports et écoles reprennent leur activité. Analyse à mi-parcours d'une journée où le temps politique court plus vite que le temps des faits.
Coalition Article 64, choix tactique, villes concernées, enjeu pour Katumbi et Fayulu : BETO répond aux 5 questions essentielles pour comprendre la ville morte du 3 juin 2026 en RDC.