Défense : la RDC porte près de 30 % de son budget 2026 sur l’armée
Le budget 2026 fait de l'armée la première dépense de l'État congolais, près de 30 % des crédits à la défense et à la sécurité, entre recrutements et réforme annoncée.
Un soldat des FARDC à 25 km au nord-ouest de Goma, le 23 janvier 2025. (Photo de Michael Lunanga / AFP)
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Le 18 novembre 2025, devant l’Assemblée nationale, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présenté un budget de guerre. « Le gouvernement consacre 11 896 milliards de francs congolais, soit près de 30 % du budget général, aux forces de défense et de sécurité », a-t-elle déclaré. La part marque un bond, la même enveloppe pesant environ 13 % un an plus tôt. En pleine occupation d’une partie de l’Est, la défense devient le premier poste de l’État.
Le détail nuance l’affichage. Le seul ministère de la Défense pèse 7 919,7 milliards de francs, soit un peu plus de 16 % du budget central, la différence tenant à un périmètre élargi à la sécurité et à la souveraineté. À l’intérieur de cette enveloppe, un fonds de soutien aux FARDC de 520,8 milliards est fléché vers l’équipement et les infrastructures. La priorité budgétaire est réelle, même si le pourcentage recouvre des lignes distinctes.
L’effort financier accompagne un effort humain. Depuis le début de 2026, les campagnes de recrutement se succèdent d’une région militaire à l’autre. Au Kongo-Central, un appel lancé en février a conduit des centaines de candidats vers un centre d’instruction, quand d’autres régions ouvraient leurs rangs aux jeunes de dix-huit à vingt-cinq ans. Ces vagues prolongent une dynamique engagée avec la loi de programmation militaire de 2022, qui fixait des cibles de recrutement pluriannuelles.
Le discours officiel assume la ligne de reconquête. « Les ténèbres ne régneront pas toujours », a lancé le vice-Premier ministre chargé de la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita, en faisant de la reprise des territoires occupés sa priorité pour l’année. L’armée, de son côté, entretient l’appel aux volontaires. « L’armée appelle les jeunes congolaises et les jeunes congolais à intégrer ses troupes », déclarait déjà, en septembre 2024, son porte-parole, le lieutenant-général Sylvain Ekenge, lors d’une précédente campagne de recrutement.
La trajectoire se veut longue. Un cadre pluriannuel prolonge la programmation militaire, et une projection avancée par le ministre du Budget, Adolphe Muzito, évoque cinq milliards de dollars affectés à la défense entre 2026 et 2030. À cet effort national s’ajoutent des appuis extérieurs, l’Union européenne ayant débloqué de nouvelles tranches par sa facilité pour la paix.
Pour Kinshasa, ce budget dit une priorité claire, celle d’une armée qui monte en puissance pour reprendre l’Est. Reste la part de l’annonce et celle de la réalité. Un budget voté n’est pas une capacité opérationnelle, un recrutement lancé n’est pas une unité formée, et les chiffres militaires demeurent, par nature, difficiles à vérifier. L’exécution, elle, se jugera sur le terrain, là où se mesure la vraie montée en puissance.
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