Santé Ebola : contre la souche Bundibugyo, la RDC teste ses premières armes dix-neuf ans après sa découverte
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Ebola : contre la souche Bundibugyo, la RDC teste ses premières armes dix-neuf ans après sa découverte

L'essai clinique lancé le 2 juillet en RDC est le premier à évaluer des traitements contre la souche Bundibugyo du virus Ebola. Elle a pourtant été identifiée en 2007. Le patron de l'agence sanitaire africaine juge que ces recherches arrivent « très tard ».

Centre de traitement Ebola en Ituri, dans l'est de la RDC.

Ebola : contre la souche Bundibugyo, la RDC teste ses premières armes dix-neuf ans après sa découverte
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 9 JUILLET 2026 - 11:05 WAT · 3 min de lecture

C’est une première mondiale, et elle survient au milieu d’une épidémie. Le 2 juillet, la RDC a lancé l’essai clinique PARTNERS, parrainé par l’Organisation mondiale de la santé, premier protocole conçu spécifiquement pour tester des traitements contre la maladie à virus Ebola de la souche Bundibugyo. Alors que l’épidémie totalise 1 792 cas et 625 décès, l’essai s’appuie sur les malades pris en charge pour évaluer des molécules dont l’efficacité contre cette souche n’est pas établie.

Le calendrier dit l’ampleur du retard. La souche Bundibugyo a été isolée en 2007 dans le district ougandais du même nom, lors d’une flambée qui avait fait 116 cas et 39 morts. Dix-neuf ans plus tard, elle ne dispose toujours d’aucun vaccin ni traitement homologué. La souche Zaïre, elle, a bénéficié d’un vaccin approuvé, l’Ervebo, et d’anticorps monoclonaux validés pendant les grandes épidémies de l’Est congolais. Le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, Jean Kaseya, a estimé que les essais cliniques arrivaient « très tard », près de deux décennies après l’identification de la souche.

L’essai PARTNERS évalue deux candidats, l’anticorps monoclonal MBP134 et l’antiviral remdesivir, administrés seuls ou en association. « Ces médicaments seront administrés seuls ou en association afin d’évaluer leur capacité à améliorer les chances de survie des personnes atteintes par le virus Ebola de la souche Bundibugyo », a expliqué Anne Ancia, représentante de l’OMS en RDC. Plus de 1 200 doses sont disponibles. Il s’agit d’une recherche, pas d’un remède validé : tant que les résultats ne sont pas connus, la riposte continue de reposer sur le dépistage, le traçage des contacts et les soins de soutien.

Cette course contre la montre se double d’une ambition continentale. L’Africa CDC dit travailler à ce qu’un vaccin et des options thérapeutiques soient disponibles « avant la fin de cette année ». L’enjeu déborde la seule RDC : il touche à la capacité de l’Afrique à ne plus dépendre d’outils conçus ailleurs, et souvent trop tard, pour les maladies qui la frappent en premier. La comparaison avec les épidémies passées nourrit l’urgence. Selon M. Kaseya, celle-ci arrive en tête, en nombre de cas et de décès, par rapport aux flambées africaines précédentes au même stade.

Reste à ne pas confondre l’espoir et l’acquis. Aucun des produits testés n’est encore homologué contre Bundibugyo, et l’histoire des essais en contexte épidémique invite à la patience méthodologique. Le responsable d’Africa CDC lui-même refuse la panique. « Je ne dirais pas que c’est alarmant. Je dirais que l’épidémie est sérieuse », a-t-il déclaré. Dix-neuf ans après la découverte de la souche, la RDC affronte Bundibugyo avec des armes encore en cours d’essai, dont la mise au point conditionne les chances de survie des prochains malades.

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B
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