Santé Ebola-Bundibugyo : en RDC, un premier essai clinique s’ouvre pour trouver un traitement
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Ebola-Bundibugyo : en RDC, un premier essai clinique s’ouvre pour trouver un traitement

Coordonné par l'INRB avec l'OMS, Oxford et l'Institut de médecine tropicale d'Anvers, l'essai PARTNERS a commencé le 2 juillet à enrôler des patients en RDC pour tester deux antiviraux contre la maladie à virus Bundibugyo.

Ebola-Bundibugyo : en RDC, un premier essai clinique s’ouvre pour trouver un traitement
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 2 JUILLET 2026 - 17:35 WAT · 3 min de lecture

Les premiers patients sont enrôlés depuis ce 2 juillet, en République démocratique du Congo, dans un essai clinique destiné à identifier les premiers traitements efficaces contre la maladie à virus Bundibugyo, la souche à l’origine de l’épidémie qui frappe l’est du pays. Baptisé PARTNERS, il est coordonné par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), aux côtés de l’Institut de médecine tropicale d’Anvers et de l’université d’Oxford, sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et avec l’appui d’Africa CDC.

L’essai, randomisé et contrôlé, évalue deux antiviraux : un anticorps monoclonal, le MBP134, et le remdesivir. Il mesurera s’ils améliorent la survie des malades, et si leur combinaison apporte un bénéfice supplémentaire. Les patients de tout âge, dont l’infection est confirmée, y sont admis. Ils reçoivent des soins de soutien précoces, réhydratation, oxygène, correction électrolytique, prise en charge de la douleur, et un suivi d’au moins 28 jours après leur inclusion.

L’enjeu est net : si des traitements existent contre la souche Zaïre du virus Ebola, aucun n’est aujourd’hui homologué contre le virus Bundibugyo, et aucun ne s’est révélé efficace contre toutes les souches. Depuis le début de l’épidémie, plus de 1 400 personnes ont été diagnostiquées, près de 440 sont mortes et environ 210 ont guéri, selon l’OMS.

« En intégrant cet essai aux soins cliniques, nous donnons aux patients l’accès à des traitements prometteurs tout en produisant les preuves nécessaires pour améliorer la prise en charge, aujourd’hui et lors des prochaines épidémies », a déclaré le professeur Jean-Jacques Muyembe-Tamfum, directeur général de l’INRB. Le virologue congolais, figure de la lutte contre Ebola, place ainsi la recherche au cœur même de la riposte.

C’est la logique revendiquée par les concepteurs de l’essai. « La recherche doit se faire pendant la riposte, pas après », a insisté la professeure Amanda Rojek, de l’Institut des sciences de la pandémie d’Oxford, qui espère des résultats « en quelques mois plutôt qu’en quelques années ». Conçu comme une plateforme, PARTNERS pourra accueillir d’autres traitements au fil de leur validation, et servir aux futures flambées d’Ebola et de Marburg.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, y voit « un espoir réel ». « Même sans traitement homologué, des gens guérissent de cette maladie, mais nous pourrions sauver bien plus de vies avec des thérapeutiques sûres et efficaces », a-t-il souligné.

Pour Kinshasa, l’essai illustre le rôle central de la recherche congolaise. « En répondant à la maladie à virus Bundibugyo, la RDC démontre son engagement en faveur de la science », a affirmé le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, qui y voit un espoir renouvelé pour les patients et leurs familles. L’essai est mené avec le ministère de la Santé publique, l’ALIMA et les équipes de Médecins sans frontières, et ses données sont revues par un comité indépendant de surveillance.

Le dispositif s’ouvre alors que l’épidémie se poursuit. S’il tient ses promesses, ses premiers enseignements pourraient modifier la prise en charge des malades au cœur même de la flambée, sans attendre qu’elle s’éteigne.

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B
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