Santé Nord-Kivu : une maladie non identifiée ferait neuf morts à Lubero selon la société civile, l’enquête lancée
Bapere

Nord-Kivu : une maladie non identifiée ferait neuf morts à Lubero selon la société civile, l’enquête lancée

Dans un village enclavé du territoire de Lubero, neuf personnes seraient mortes en deux semaines d'un mal non identifié, selon la société civile locale. Une équipe est arrivée pour des prélèvements, dans une zone déjà minée par l'insécurité.

Nord-Kivu : une maladie non identifiée ferait neuf morts à Lubero selon la société civile, l’enquête lancée
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 4 JUILLET 2026 - 22:38 WAT · 4 min de lecture

Depuis la mi-juin 2026, une maladie non identifiée frappe la cité minière de Mangumo, dans le secteur de Bapere, en territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Au 4 juillet, la société civile locale faisait état de neuf décès en l’espace de deux semaines, ainsi que de plusieurs malades dans un état grave. « On parle de neuf décès jusqu’à présent, et on signale également d’autres malades qui sont agonisants. Ils présentent une diarrhée, et c’est ce qui conduit, bien sûr, à leur mort », a déclaré le président de la société civile de Lubero, Samuel Kagheni, à Radio Okapi. Ces chiffres, provisoires, émanent de la société civile et non d’un bilan sanitaire officiel.

À ce stade, aucun diagnostic n’est posé. L’expression de maladie non identifiée décrit un statut d’investigation, pas un mal connu. Le seul symptôme rapporté, une diarrhée précédant le décès, ne suffit pas à conclure, et il serait imprudent de nommer une cause avant les résultats de laboratoire. Selon la zone de santé de référence de Manguredjipa, une équipe d’investigation est arrivée à Mangumo pour effectuer des prélèvements, et une seconde équipe, chargée de la prise en charge, était attendue. La nature de la maladie, son agent, son mode de transmission restent à établir.

L’accès au foyer conditionne toute la riposte. Mangumo est un village reculé, distant d’environ deux cent cinquante kilomètres de Butembo, et son isolement complique l’acheminement des soins comme celui des échantillons. « Ce village se trouve à une distance de quatre à cinq jours de marche. Il y a une population qui est en train de quitter la zone pour se réfugier soit à Manguredjipa, soit à Ndjiapanda, soit encore vers Lubero », a précisé Samuel Kagheni. Ce mouvement de fuite, s’il protège les habitants d’un danger perçu, peut aussi disperser d’éventuels malades avant tout diagnostic.

Le contexte sanitaire de la région est déjà fragile. La zone de santé de Manguredjipa a vu, fin 2025, une partie de ses médecins quitter leur poste, dans un secteur exposé aux attaques armées et aux déplacements de population. Cette pénurie de personnel et de structures pèse sur la capacité à détecter et à contenir une flambée. L’enclavement et l’insécurité, documentés par les organisations humanitaires, ne sont pas la cause de la maladie, mais ils en compliquent la réponse, en retardant l’arrivée des équipes et des moyens de diagnostic.

Un point mérite d’être écarté d’emblée pour éviter toute confusion. Une épidémie d’Ebola sévit certes en RDC depuis mai 2026, mais elle touche l’Ituri et d’autres zones, et le territoire de Lubero ne figure pas parmi les entités affectées recensées. Aucune source ne relie à ce jour la flambée de Mangumo à cette épidémie. Établir un tel lien sans preuve reviendrait à semer une inquiétude infondée. La prudence vaut dans les deux sens, ne pas minimiser un phénomène meurtrier, ne pas l’affilier à une autre crise sans élément.

Pour les autorités sanitaires du Nord-Kivu, l’urgence est double, confirmer la nature du mal et atteindre les malades. Tant que les prélèvements n’auront pas parlé, le bilan restera une estimation locale, et la cause, une inconnue. Ce qui se joue à Mangumo est un test de la capacité du système de santé à voir loin, jusque dans ses marges les plus isolées, là où une poignée de morts peut passer inaperçue faute de relais. La vraie réponse commencera le jour où un laboratoire donnera un nom à ce qui tue, et où une équipe pourra soigner sur place. D’ici là, chaque jour compte, et chaque kilomètre de piste aussi.

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B
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