Ebola en RDC : plus de 260 000 personnes sensibilisées en Ituri, la riposte mise sur la confiance
Face à une défiance qui a coûté un centre de traitement incendié et deux morts, la riposte a touché plus de 260 000 personnes en Ituri par des dialogues communautaires et l'appui des leaders locaux.
(Photo d'illustration)
Des centaines des familles des personnes déplacées ont commencé, vendredi 4 août 2023 à Bunia (Ituri), à retourner dans leurs milieux d'origine dans la région de Tchabi, Boga et axe Komanda-Luna, à la suite de l'accalmie observée dans la région.
Photo/ Martial Kiza Byamungu
AFP
BUNIA, 4 juillet 2026. Contre Ebola, les moyens médicaux ne suffisent pas : il faut d’abord la confiance. Selon le rapport de situation de l’Institut national de santé publique (INSP) arrêté au 2 juillet, plus de 260 000 personnes ont été sensibilisées en Ituri à travers des dialogues communautaires, des causeries éducatives et des messages ciblés, avec une forte implication des leaders locaux. Un effort de masse qui vise le nerf de la riposte : l’adhésion des populations.
L’enjeu n’a rien de théorique. Cette semaine, dans le territoire de Mambasa, un centre de traitement a été saccagé et incendié, faisant deux morts et provoquant la fuite de patients. La rumeur et la peur, quand elles l’emportent, poussent des familles à cacher un malade ou à fuir l’isolement, brisant les chaînes de suivi. Chaque défiance a un coût sanitaire direct.
La sensibilisation cherche donc à désarmer ces peurs par la parole des proches et des autorités coutumières, plus audibles que les affiches. Le pari est aussi de faire connaître les gestes qui sauvent et le numéro vert 151, tout en expliquant pourquoi l’isolement précoce protège la famille elle-même. Le ministre de la Santé, Roger Kamba, inscrit ce travail dans une organisation resserrée qu’il résume par la formule « un seul plan, une seule équipe et un seul budget ».
La confiance se gagne aussi par des actes. Dans le camp de déplacés de Kigonze, à Bunia, où au moins deux cas ont été confirmés parmi quelque 15 000 personnes, l’ONU mise sur la gratuité des soins. « Un centre de traitement Ebola est en cours d’installation sur le site de déplacés, et un nouveau programme offrant des soins de santé gratuits aux personnes déplacées a été lancé ce jour », a indiqué le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric.
Le contexte reste lourd. Le directeur d’Africa CDC, Jean Kaseya, a rappelé que les zones touchées connaissent aussi la rougeole et le choléra, imposant une réponse humanitaire globale. Dans ce paysage, gagner 260 000 esprits ne garantit pas la fin de l’épidémie, mais en conditionne l’issue autant que les lits et les laboratoires.
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