Ebola en RDC : derrière les 1 333 cas et 399 décès, ce que disent les indicateurs du 29 juin
Consolidation des données, létalité qui approche 30 %, guérisons et suivi des contacts : lecture des indicateurs du rapport de l'INSP au 29 juin, qui portent le bilan de l'épidémie d'Ebola à 1 333 cas confirmés et 399 décès.
Ebola en RDC : derrière les 1 333 cas et 399 décès, ce que disent les indicateurs du 29 juin
AFP
Le bilan de la dix-septième épidémie d’Ebola a franchi un cap, avec 1 333 cas confirmés et 399 décès au 29 juin, selon l’Institut national de santé publique (INSP). Le total, en hausse marquée, ne traduit pourtant pas seulement de nouvelles contaminations. L’INSP indique que ses chiffres ont été « réactualisées suite au processus de nettoyage et d’harmonisation de la base DHIS2 », en intégrant des cas et des décès remontés avec retard des zones de santé, des laboratoires et des centres de prise en charge. Une part du saut relève donc d’un rattrapage statistique, ce qui explique aussi les écarts d’une source à l’autre. Sur la seule journée du 29 juin, l’INSP a recensé 26 nouveaux cas confirmés, en Ituri et au Nord-Kivu.
Rapportés l’un à l’autre, les 399 décès et les 1 333 cas portent la létalité globale à 29,7 %, un niveau qui se rapproche de la fourchette historiquement observée pour la souche Bundibugyo, entre 30 et 50 %. Cette gravité s’explique d’abord par un fait établi : la souche ne dispose ni de vaccin homologué ni de traitement spécifique, le vaccin Ervebo ne protégeant que contre la souche Zaïre. L’OMS y ajoute des obstacles persistants, du diagnostic souvent tardif à un accès aux soins compliqué par l’insécurité dans l’Est. Le taux demeure provisoire : il évoluera à mesure que les patients encore hospitalisés connaîtront leur issue.
Le rapport recense aussi 189 guérisons et 609 personnes en cours de prise en charge. La progression régulière des guéris conforte un constat de l’Organisation mondiale de la santé, pour qui un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée sauvent des vies. « Il est encourageant de constater que, cinq semaines après la déclaration de l’épidémie, la riposte s’est considérablement renforcée », soulignait son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le 24 juin. C’est aussi l’objectif de la gratuité des soins lancée dans quatre zones de santé prioritaires de l’Ituri : amener les malades plus tôt, quand ils peuvent encore être soignés.
Reste l’indicateur qui commandera la fin de l’épidémie, le suivi des contacts, à 82,7 % sur les trois provinces. Tant qu’il ne s’approche pas de la totalité, des chaînes de transmission échappent à la surveillance. La géographie en dessine l’enjeu : l’Ituri concentre l’épidémie avec 23 zones de santé touchées, devant le Nord-Kivu et ses 11 zones placées sous surveillance prioritaire. Le Sud-Kivu, limité à trois cas et un décès, n’a lui enregistré aucune nouvelle transmission depuis le 26 mai, preuve qu’une zone se contient lorsque la surveillance tient.
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