Ebola en RDC : 2 973 cas confirmés et 1 309 morts au 23 juillet, Rungu devient la 48e zone de santé touchée
Le rapport de situation n°070 de l'INSP, arrêté au 23 juillet, porte le bilan de la dix-septième épidémie à 2 973 cas confirmés et 1 309 décès, pour une létalité de 44,0 %. La zone de santé de Rungu, dans le Haut-Uélé, devient la 48e touchée. Le suivi des contacts reste à 73,9 %, et la province où le virus vient d'arriver n'a pas transmis ses données.
Ebola en RDC : 2 973 cas confirmés et 1 309 morts au 23 juillet, Rungu devient la 48e zone de santé touchée
AFP
L’épidémie d’Ebola a gagné une zone de santé de plus. Selon le rapport de situation numéro 070 du Centre d’opérations d’urgence de santé publique de l’Institut national de santé publique, arrêté au 23 juillet et publié le lendemain, la zone de santé de Rungu, dans le Haut-Uélé, a notifié son premier cas confirmé. Le cumul passe à 48 zones de santé touchées sur les 140 que comptent les cinq provinces affectées, dont 47 restent en transmission active. Le bilan national de la dix-septième épidémie s’établit à 2 973 cas confirmés et 1 309 décès, soit une létalité de 44,0 %, pour 540 guéris et 766 patients en isolement, dont 278 confirmés et 488 suspects.
Sur les vingt-quatre heures couvertes par le rapport, l’institut recense 68 nouveaux cas confirmés, dont 51 en Ituri, 15 au Nord-Kivu et 2 au Haut-Uélé, ainsi que 40 décès et 21 guérisons. S’y ajoutent 315 nouveaux cas suspects, dont 106 décès survenus dans la communauté et pas encore confirmés. « L’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie, concentrant 89,0 % des cas cumulés et 75,0 % des nouvelles confirmations du jour », écrit le COUSP, qui y dénombre 2 646 cas et 1 107 décès. Viennent ensuite le Nord-Kivu (290 cas, 182 décès, létalité provinciale de 62,8 %), le Haut-Uélé (29 cas, 15 décès), la Tshopo (5 cas, 4 décès) et le Sud-Kivu (3 cas, 1 décès), où la zone de Miti-Murhesa totalise 56 jours sans nouveau cas confirmé. Sur la courbe des dernières semaines, l’institut prévient que « les fluctuations récentes doivent être interprétées avec prudence en raison des retards de notification et de la consolidation progressive des données ». La létalité de 44,0 % reste provisoire, 766 patients étant encore en isolement, et s’inscrit dans la fourchette historique de la souche Bundibugyo, comprise entre 30 % et 50 %. Cette souche ne dispose à ce jour d’aucun vaccin homologué ni traitement spécifique.
À Nyankunde, les malades reviennent au centre de traitement
Les malades et les soignants reviennent au centre de traitement Ebola de Nyankunde, qu’ils avaient quitté après les violences survenues à la suite de la mort du chef de la milice FPIC, la semaine précédente selon Radio Okapi. Ce retour, rapporté par la radio onusienne à partir de sources locales citées le 23 juillet, intervient après l’installation, le 16 juillet, d’une base opérationnelle des Casques bleus de la Monusco à Marobo, d’où partent des patrouilles conduites avec les FARDC. Le médecin directeur du centre, Charles Kashindi, demande que le dispositif ne soit pas provisoire. « Nous sommes vraiment contents de la présence de MONUSCO, mais ils doivent être permanents. Nous avons besoin de permanence de la MONUSCO », insiste-t-il. Les centres de Nyankunde, Mongbwalu et Rwampara ont déjà été perturbés par des actes d’insécurité ou des manifestations hostiles à la riposte.
À Mongbwalu, à quatre-vingt-cinq kilomètres au nord de Bunia, des sources médicales citées par la même radio ne relèvent aucune augmentation des décès depuis plus d’une semaine, ni au centre de traitement ni dans la communauté. Le rapport du 23 juillet y recense encore 2 nouveaux cas et 2 décès, pour un cumul de 484 cas et 228 décès, la troisième zone la plus touchée de l’Ituri derrière Bunia (713 cas) et Rwampara (490). La périphérie reste difficile d’accès : les équipes butent sur l’état des routes et la réticence d’une partie des habitants dans la zone de santé de Damas, sur la présence de groupes armés à Sayo et dans les villages voisins. Les structures de soins, elles, saturent au Nord-Kivu, où 192 patients sont pris en charge pour 141 lits. Depuis le début de la flambée, 123 personnels et prestataires de première ligne ont été infectés, dont 36 sont morts.
Le suivi des contacts demeure en deçà du seuil opérationnel de 95 % que l’institut se fixe : 11 351 personnes vues sur 15 358, soit 73,9 % au niveau national, avec 72,1 % en Ituri, 78,9 % au Nord-Kivu et 100 % en Tshopo. Le Haut-Uélé, où l’épidémie vient de s’étendre, ne figure pas dans ce tableau : la province n’a transmis ni ses données de suivi des contacts ni celles de ses structures de prise en charge au moment de la compilation, et l’institut demande l’activation de ses 23 points d’entrée et de contrôle prioritaires. Au chapitre de la coordination, le rapport signale l’installation et le lancement des activités du laboratoire de diagnostic de Kasenyi, dans la zone de santé de Tchomia, et la visite de la Première ministre Judith Suminwa dans la Tshopo et en Ituri. À Kinshasa, le virologue Jean-Jacques Muyembe a plaidé le 23 juillet, lors d’une conférence-débat à l’Université Simon Kimbangu, pour la consolidation du système de santé publique. « Il est essentielle de former les agents pour prévenir la propagation de la maladie. Les gens doivent aussi respecter les mesures de riposte de la maladie Ebola. Ils doivent laver les mains, respecter les gestes barrières », a dit le professeur Muyembe.
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